Vous avez dit série ?

C’est un jour pour … Revenir aux classiques.

Une bande de femmes au foyer délurées, un homme avec le plan d’une prison tatoué sur le corps, un gentil serial killer, une agence de publicité des 60’s aux Etats Unis, une bande d’allumés d’université, des vampires qui côtoient les hommes, les aléas du personnel d’un hôpital … Il n’y a aucun doute, nous sommes bel et bien dans l’ère des séries télévisées. Tous les sujets, toutes les situations sont aujourd’hui autant de prétextes à la création d’une série.

Peu sont ceux ne suivant pas au moins un feuilleton, qu’il soit français, anglais ou bien sur américain. Peu également sont ceux qui se cantonnent à une seule série. La plupart d’entre nous cumule intrigues et scénarios jusqu’à parfois se mélanger les pinceaux.

Alors non, il ne s’agira pas ici de vous conseiller telle ou telle nouvelle série fraîchement sortie, ou de vous spoiler le dernier épisode de la saison X, ou encore de vous faire saliver devant le casting d’une nouvelle production.

Non, moi mon truc ici sera plutôt le Old school. Plutôt vous parler des séries du début des  années 2000 (ou avant), ces bons gros feuilletons de différents formats qui ont été les précurseurs de ceux que l’on connait aujourd’hui, qui ont amorcé cet art de la dramaturgie qu’est la série, et surtout, qui ont marqué les esprits.

The Addams Family, 1864: David Levy donne vie aux personnages que Charles Addams dessinait dans le New Yorker dans les années 1930. Série complètement déjantée et décalée, The Addams Family nous faire rire autant qu’elle nous étonne ou nous dégoute. Les personnages sortent tout droit de l’univers du film d’épouvante, tout en représentant divinement bien la comédie. Certains protagonistes comme La Chose ou Mercredi Addams sont devenus des classiques dans l’art du déguisement d’Halloween.  Malgré tout, The Addams Family semble plus profonde que cela. Les dialogues sont le fruit d’un travail minutieux mêlant calembours et jeux de mots, les personnalités des membres de la famille sont creusées et tous ont leurs particularités. En somme, elle est l’une des premières séries du genre, qui annonce les sempiternelles séries fantastiques où vampires, loups garous et autres créatures se mêlent. Mais avec cet univers bien à elle, la série ne saurait être surpassée ou même égalée.

Morticia_and_Gomez

Married… with Children 1987 : Dans un registre plus réaliste et avant les Friends, How I met your mother et autres tableaux relatant la vie quotidienne américaine, Married… with Children s’impose comme une magnifique satire de la famille américaine moyenne. Ron Leavitt et Michael Moye mettent en scène des personnages devenus cultes dont l’immense Al Bundy qui est désormais le représentant de la beaufitude américaine ( et même internationale) dans toute sa splendeur. Il est un savant mélange entre le machiste de base et le mâle cherchant à s’affaler le plus possible devant son poste de télévision. A consommer sans modération, parce même s’il nous fait bien marrer dans Modern Family, Ed O’Neil demeure malgré tout au sommet de son art dans la série d’origine. ( Bonus : la générique lui même est cultissime, à consulter ici)

Twin Peaks, 1990: Venez découvrir la mystérieuse petite ville  de Twin Peaks dans l’état de Washington, et tenter de découvrir qui a tué la jeune Laura Palmer. Ce meurtre qui inaugure la série nous fait pénétrer dans une ville à l’atmosphère particulière et plus qu’étrange. Tantôt inquiétants, tantôt oniriques, souvent fantastiques, tous les épisodes charment et étonnent, sans jamais nous ennuyer.  La série  toute entière est un monstre d’esthétisme et permet l’immersion dans cet univers si complexe qu’est celui de David Lynch. En outre,le jeune Kyle Maclachan est révélé par la série dans le rôle de l’agent Dale Cooper. Un classique vous dis-je.

les-soprano

Les Soprano 1999: En nous plongeant dans l’univers de la mafia italienne du New Jersey, David Chase revient sur un thème devenu classique au cinéma, notamment chez Scorcese : la pègre. Mais le génie du scénariste consiste à dépasser cette image mafieuse, à aller au-delà des portes du Bada Bing (streap club faisant office de QG dans la série). La mafia devient alors l’arrière plan de la série, qui se focalise davantage sur les relations au sein de la famille Soprano et sur le personnage de Toni Soprano. Loin de Marlon Brando ou d’Al Pacino, le parrain des Soprano nous fait part de ses faiblesses en nous faisant partager ses doutes et ses craintes dans le cabinet de sa psy. Un mafieux peut-il partager ses états d’âme ? N’est-il pas dangereux de se risquer à l’expression de ses sentiments? Là est toute la question que pose cette série.

Six Feets Under,2001: Le destin d’une famille tenant une entreprise de pompes funèbres. Ici encore, la série met en scène un univers bien particulier qu’est celui du deuil et tente de nous décrire comment une famille peut vivre dans un tel univers. On y retrouve dans le rôle de David Fisher le jeune Michael C. Hall, notre futur Dexter Morgan, qui déjà passe son temps à s’occuper de cadavres. Chaque épisode s’organise autour du même rituel, à savoir une première scène qui montre la mort d’un inconnu, que la famille Fisher devra par la suite enterrer.  Cette étrange maison Fisher est plutôt glauque, avec l’accueil incessant de familles endeuillées; mais aussi souvent drôle, avec des personnages et des situations plutôt comiques. Rappelant par certains aspects la famille Addams évoquée plus haut, la famille Fisher se veut à la fois décalée et réaliste. Elle est finalement confrontée à des thèmes qui sont communs à toutes les familles: comment gérer la mort d’un proche, l’homosexualité d’un fils, les conflits entre frères et soeurs…

artoff2815

The Wire 2002 En regroupant cinq saisons et des épisodes de presque une heure, The Wire est une véritable fresque télévisuelle. Elle met en scène le monde criminel de Baltimore que ce soit les trafiquants de drogues, les petits délinquants, la police, les politiciens… Chaque saison s’articule sur une enquête bien précise, afin de montrer tous les aspects que peut prendre la criminalité de la ville de Baltimore, mais aussi toutes les facettes des personnages. L’une des qualités de la série est sans aucun doute l’objectivité et le refus du manichéisme. Tous les protagonistes sont dépeints de manière brute, sans prise de position, dans leur singularité. Les policiers sont décrits de la même manière que les trafiquants de drogue ou que les politiciens. La série est d’une intensité dramatique à toute épreuve et garde sa logique d’une saison à l’autre, si bien que parfois, nous aussi, nous avons l’impression de faire partie des quartiers de Baltimore. Tantôt dans la peau d’un enquêteur, tantôt dans la peau d’un criminel, le téléspectateur est en constante immersion dans l’univers de The Wire.

Classiques, en avance sur leur temps, ces feuilletons (dont la liste n’est évidemment pas exhaustive) ont pour sur marqué le monde télévisuel, en montrant que la série est un format permettant des jeux dramatiques et des scénarios de qualité. Ce n’est pas anodin si la série est aujourd’hui devenu le support à la mode: tout en fidélisant une audience, elle permet en outre de créer des intrigues plus complexes et inattendues que ce qui est possible dans le cinéma. 

A voir aussi: L’Amérique en Prime Time, documentaire Arte 

Marie Lou Kukiche

Publicités

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s