GIRLS, do they really just wanna have fun ?

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C’est un jour pour … parler de Girls

Bien évidemment, il n’existe pas de jour particulier pour parler des filles. Entre mystère et fantasme, clichés, stéréotypes et idéaux, la jeune femme ressemble à un puzzle de 10000 pièces, impossible à compléter. Si on ne possède pas notre propre mode d’emploi, je n’imagine même pas le bordel que ça doit être pour vous chers messieurs.

Heureusement, la série télé Girls est là pour vous (et nous) éclairer !

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Série écrite, dirigée et co-produite par la jeune Lena Dunham (26 ans, photo ci-dessus), qui interprète également le personnage principal de la série, Girls nous présente les aventures quotidiennes de Hannah, Marnie, Shoshanna et Jessa, quatre jeunes filles habitant à New York, s’apprêtant à rentrer dans la vie active, la vie adulte, synonyme de responsabilités et de choix : temps de l’indépendance, de la location du premier appartement, de la recherche d’un emploi pour remplir le frigo, de l’exploration de la sexualité entre plaisir, amour, bonheur et maladresses, ou des soirées qui se finissent à l’aube.

Un titre simple pour une série qui va à l’essentiel, se débarrassant des clichés superficiels. Ici, rien n’est idéalisé ; les filles nous sont montrées telles quelles, dans leur nudité, chacune incarnant une part de nous toutes.

Nous sommes les soeurs de ces jeunes femmes. Comme elles, nous sommes à la quête de notre propre identité, perdues quelque part sur la route entre deux âges, la fin de l’innocence et le début de trop nombreuses responsabilités non souhaitées.

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De gauche à droite : Marnie, c’est cette magnifique jeune femme dont le destin semble avoir été écrit d’avance : en couple depuis quatre ans, droite dans ses tailleurs et dans sa tête, conservatrice dans un musée, Marnie ne souhaite pas connaître l’inconnu, ne boit jamais trop et est toujours très propre sur elle.  Jessa, c’est la hippie, l’aventurière, celle qui n’a pas de codes moraux à part ceux qu’elle s’édicte, une hédoniste britannique qui voyage aux quatre coins du monde, se construisant par ses expériences, fuyant les complications et les conventions sociales. Hannah est persuadée d’être une écrivaine de talent ; elle multiplie les expériences pour obtenir de la matière pour écrire, se réfugiant souvent dans les histoires qu’elle se raconte, pliant sous le poids des responsabilités et de la réalité. Enfin Shoshanna, c’est la cadette maladroite de 21 ans, complexée car encore vierge, qui passe son temps à idôlatrer sa cousine Jessa et son amie Marnie.

Mieux vaut prévenir que guérir, cette série n’est en elle-même pas plus comique qu’elle n’est tragique. Elle reflète le sexe féminin dans ses extrêmes, dans ce qu’il a de meilleur comme de pire. L’amour d’une femme pour un homme, entre innocence et folie désespérée. La désillusion et la peur de l’échec face au marché du travail. La solitude d’une femme et son paradoxe, qui rejette tout le monde car mal dans sa peau mais qui, en réalité, rêve que ses proches soient présents pour elle. Le rapport d’une jeune femme à ses parents, entre détachement, conflits et réflexes d’enfant.

On dit qu’il ne faut pas être hypocrite par rapport à soi-même. Que les femmes ont tendance à ne pas reconnaître leurs torts. Comme les hommes d’ailleurs.

Cette série nous parle, car elle aborde nos problèmes, nos réalités. Et si elle est étrangement perturbante, voire, selon les épisodes, assez difficile à regarder, c’est avant tout parce que Lena Dunham pousse les situations que rencontrent les Girls à l’extrême ; elle montre un aperçu des limites, du point de non retour de la névrose féminine, tout comme elle dévoile avec sincérité et émotion les instants de bonheur. Face aux obstacles de la vie, les jeunes femmes peuvent se montrer agressives, voire très violentes, vis à vis de leurs proches, entre elles-mêmes, rompant enfin avec la douceur et la futilité trop souvent associées aux réactions féminines.

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Finalement, Girls nous montre des côtés de nous-mêmes que nous ne voulions peut-être pas connaître, un potentiel que nous ne dévoilerons peut-être jamais et qui fait fantasmer.

Une écriture aussi belle, poignante et touchante que les personnages qu’elle décrit, la réalisatrice, qui ne se cache pas de s’inspirer de ses propres expériences, nous propose ici une ode intelligente et plaisante aux femmes et à l’amitié féminine.

Co-produite par Judd Appatow et diffusée par HBO comme sa «grande soeur» Sex and the City, Girls a raflé en 2013 deux Golden Globes (meilleure série télévisée musicale ou comique et meilleure actrice pour Lena Dunham) ainsi que le titre de meilleur réalisatrice pour Lena Dunham au Directors Guild of America Awards, et le titre de meilleur scénario au Writers Guild of America Awards. Diffusée depuis 2012 au Canada et depuis ce début d’année 2013 en France sur une chaîne du câble, cette série est malheureusement toujours inédite dans le reste des pays francophones. Chez nous, la première saison est sortie en DVD en février dernier !

Vous l’aurez donc compris : mes amies les jeunes femmes, vous n’êtes plus seules ! Mes amis les messieurs, vous n’avez plus aucune raison de ne pas essayer de comprendre les femmes !

La grande blonde.

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