Ratking, les génies new-yorkais

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De gauche à droite : Hak, Wiki & Sporting Life

Depuis quelques temps on entend beaucoup parler du collectif de rap californien Odd Future qui réunit notamment Tyler The Creator, Earl Sweatshirt & Frank Ocean. Ces jeunes prodiges se révèlent être les nouveaux maîtres incontestables du rap West Coast. Synonymes d’un rap plus classique, plus épuré comme l’on n’en avait pas entendu depuis bien longtemps, Odd Future fait figure de messie dans le rap game qui semblait s’être essoufflé tout au long des années 2000. Mais affirmer qu’ils seraient les seuls dans l’arène à redorer le blason du rap relèverait du mensonge ou de l’ignorance. Quittons la Californie & ses plages, traversons le pays & allons à la rencontre d’un autre phénomène : le phénomène Ratking.

La première rencontre de ce trio new yorkais avec le public français a eu lieu lors de la 2nde édition du festival Pitchfork à Paris en novembre dernier. C’est avec beaucoup d’enthousiasme & de fraicheur que le groupe a su s’imposer sur cette scène d’un festival qui reste avant tout électronique. C’est du haut de ses 19 ans que Wiki agrippé à son micro nous a lâché ses punchlines les unes après les autres, sans répit. Le tout orchestré par une instru finement rodée par le reste de l’équipe. C’était la première fois que le groupe quittait la grosse pomme pour faire une tournée à l’étranger & l’alchimie du succès était déjà bel & bien là.

G : Salut Eric, tu peux nous présenter le groupe ?
E : Hak, Wiki & Sporting Life.

G : J’ai entendu dire que tu n’étais pas de NY, comment vous êtes vous rencontrés avec le reste de la bande ?
E : Je suis d’un peu partout, j’ai pas mal bougé. Wiki & moi on s’est rencontré dans un park jam à Lower East Side à Manhattan un été. De là on a commencé à balancer des idées. Quelques temps après on a commencé à jouer ensemble dans le groupe punk de mon frère et c’est ce qui nous a donné envie de balancer nos compos live. Hak a rappé sur « 646 » de l’EP WIKI93 et là c’était parti.  

G : Vous parlez de quoi essentiellement dans vos textes ? Est-ce que votre environnement influe sur votre musique ?
E : Wiki & Hak parlent de NYC dans leur rap, ils ne cherchent pas à décrire un quelconque mode de vie marginal. Pour moi, le plus excitant c’est de développer mes capacités de compositeur. J’essaie de mettre en scène les choses simples mais importantes de la vie quotidienne… des choses que l’on partage tous, pour que les gens se disent « Hé, mais cette musique parle de moi !».

G : Quelles sont vos influences particulières ?
E : John Cassavetes, Cameron Carmelo Anthony.

G : Vous avez un EP Wiki93, tu peux nous en dire plus ?
E : J’aime beaucoup la version que nous avons sorti avec le label XL Recordings, le son est vraiment authentique. La création de cet EP nous a beaucoup appris, on a enregistré toutes nos tracks en deux jours, puis nous avons réenregistré les couplets & avons mixé le tout nous-mêmes avec nos Ipods sur des enceintes.

G : On vous compare souvent à Odd Future (moi la première), ça vous soûle pas trop à force ?
E : C’est juste ce que font la plupart des gens, comparer les artistes. C’est parce qu’ils n’écoutent pas bien leur musique, ils sont trop passifs.

G : Tu peux nous parler un petit peu de votre expérience du Pitchfork Festival à Paris ?
E : Paris était génial. On n’a pas eu l’occasion d’aller visiter la ville, on est juste sorti pour s’acheter à manger. Notre set au Pitchfork était notre plus gros concert jusqu’à présent et c’était vraiment cool. Quand on est arrivé dans la salle, Animal Collective faisait ses balances et c’était juste extraordinaire d’avoir pu y assister.

G : Quel a été le meilleur concert auquel tu as pu aller cette année ?
E : Des potes à nous ont monté une boite, l’Apostrophie, à Brooklyn. A chaque fois qu’il y a un concert là-bas c’est un truc de ouf. Des mecs de tout le quartier se ramènent. Ces concerts sont toujours super.

G : Et sinon, tu fais quoi ce soir ?
E : Je vais mixer du son, manger du pain rotti, m’entraîner un peu pour nos concerts & boire un thé avec une jolie fille.

English version

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For the past few years, we’ve heard a lot about the Californian rap group Odd Future: Tyler the Creator, Earl Sweatshirt, Hodgy Beats, Frank Ocean & more. Those youngsters have undeniably proven themselves to be the new West Coast rap masters. Although they identify more with classical rap – the most uncluttered rap we’ve heard in a while – Odd Future is the New Messiah of the rap game (which seemed to have lost its breath in the 2000’s).However, to say that Odd Future is the only new crew in an arena to restore rap’s image would be an ignorant lie. Let’s leave California and its beaches. Let’s cross the country and meet a newer phenomenon: Ratking.

When was the last time you were able to hear the gritty streets of New York City without actually walking on them? Ratking, young pioneers of repetitive, addicting samples you’ve never heard before and relatable, city-themed bars are here to stay. They are currently signed under the same label on which Tyler, the Creator started, XL Recordings. This 3-membered group’s first encounter with the French public was last November during the 2nd edition of the Pitchfork Festival in Paris. Ratking’s enthusiasm and freshness made their performance on the festival stage – which is mainly reserved for electronic music – more than memorable. At barely 19 years of age, Wiki & Hak, clutched their mics as they spit bars endlessly. The whole set was orchestrated by cleverly conceived instrumentals, handled by the rest of the team. It was the first time Ratking departed the Big Apple for a European tour; the alchemy of their success already running.

G: Hi Eric, could you introduce the band?

E: Sporting Life (myself), Hak, Wiki

G: I’ve heard Eric wasn’t from NY, so how did you meet?

E: I’m from all over the place. Me and Wiki met at a park jam in the L.E.S. one summer from there we just started kicking ideas. Soon after we began playing shows with my brothers punk band and that’s what made us wanna just make shit live. Hak spit on « 646 » from the WIKI93 EP and from there it was on.

G: What are the main topics in your lyrics? Does your environment influence your music?

E: To me the lyrics are just a bit of life in the city form Wiki’s and Hak’s perspective. It’s not
about living some fantasy lifestyle. To me the fun is in developing the skills as a writer so that you can articulate the things in your everyday life that are important to you in a way that makes someone say, “Oh the way he said that was ill”. With the music, I try to make something that I haven’t heard. I mean there’s nothing 
new under the sun but there are unique combinations of things that only I could see the connections to. You know, like “Comic”, it’s like collage art on record. Then when we play live it naturally takes it further
to some sound you couldn’t plan because there’s no way to know how a person in the audience is going to react or what connections they will make.

G: What are your influences? (artists, bands)

E: A lifetime of influences really. Cassavetes, Camron Carmello Anthony.

G: So, you’ve got one album, Wiki93, could you tell us a bit about it?

E: The version we released with XL I like because it sounds closer to how we play live. Also the process of making it taught us a lot. We
flipped all the beats in like 2 days, rerecorded all the verses and 
mixed it ourselves with Bose iPod dock speakers.

G: You are often compared to Odd Future. Doesn’t it get on your nerves?

E: That’s just how most people organize information I guess. You know to compare artists. I attribute it to lazy listening.

G: Can you tell us a little about your experience at Pitchfork Festival in Paris and about your European tour?

E: Paris was great. We didn’t get to explore the city much outside of getting food. The show
was our biggest stage so far which was fun. When we got to the venue Animal Collective
was sound checking so it was dope to hear that.

G: What was the best gig you attended to this year?

E: Our friends run a D.I.Y. space in Brooklyn called Apostrophe. Every time
they have a show there it’s always live. Dudes from the neighborhood come through, kids from Uptown, wherever; they’re all welcome. I always enjoy those shows.

G: What are you going to do today?

E: Make some sounds, eat some roti, practice the live set a bit, have tea
with a pretty girl.

G. x Wallace x Debby x Angela Sabetta

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