Le dindon au Théâtre de la Porte Saint-Martin

C’est un jour pour… (re)voir une pièce de Feydeau !

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Le soleil est (enfin) revenu, et avec lui les envies de légèreté. Choisir quelle paire de lunettes de soleil porter devient notre occupation principale, squatter les terrasses notre sport préféré. Pour coller à cette ambiance printanière, quoi de mieux qu’unepièce de théâtre pleine de fraîcheur ? Cela tombe bien, du 4 au 9 juin, le Théâtre de la Porte Saint-Martin propose de (re)découvrir un vaudeville endiablé, un classique du genre : Le Dindon, de Georges Feydeau.

La pièce date de 1896, mais n’a pas pris une ride. Adultères, farces, langage criant de modernité, on croirait la plume de Feydeau contemporaine. L’être humain n’aurait-il pas changé à ce point, en plus d’un siècle ? Nous rencontrons tour à tour deux femmes qui jurent de tromper leur mari si elles se découvrent cocues, des maris qui ne peuvent y renoncer, et des amants qui attendent leur tour : ce sont des personnages hauts en couleurs qui s’offrent à nous.

On découvre également une Anglaise hystérique qui menace de se suicider, un Londonien plutôt marseillais, une femme sourde comme un pot qui tente de donner la réplique à une femme de chambre espiègle et bossue… De nombreux personnages viennent alimenter l’intrigue principale, tournant bien évidemment autour de l’adultère. Les quiproquos s’enchaînent dans une mise en scène fantastique, où tout le monde finit par tromper tout le monde sans jamais le faire.

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On comprend les quatre nominations de la pièce aux Molières 2011. Les acteurs sont époustouflants, véritables funambules qui maîtrisent autant les déplacements que les répliques. On reste ébahi face aux acrobaties de certains, on applaudit aux changements de scène. Le décor tourne sur lui même, les acteurs multiplient les rôles, les costumes se réduisent peu à peu. On s’amuse également autour des codes du vaudeville. C’est ainsi qu’entre les déplacements surjoués et les voix qui s’élancent, on capture un étonnant Haka et un drôlissime « Ciel ma femme! ».
La salle rit. Beaucoup. On ne voit pas passer les deux heures et demie de représentation.
Pire, on en redemande, et les applaudissements deviennent de plus en plus intenses. On a envie de féliciter Feydeau pour son regard juste sur nos défauts, qu’il arrive à pointer du doigt avec humour. On admire Philipe Adrien, qui a réussi une mise en scène particulièrement dynamique. On ovationne la troupe, pleine d’humour et d’originalité, tout simplement excellente. Et on repart chez soi, le coeur léger, en remerciant Feydeau de nous avoir offert une telle bouffée d’air frais.
Elise Iwasinta
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