Like Clockwork, Queens of the stone age

C’est un jour pour…Like Clockwork.

Josh Homme. Putain, ce mec est sans doute le chef d’orchestre de la grosse moitié du rock outre-atlantique que l’on surconsomme depuis 1990. Multi-instrumentiste prophétique et diablement productif, le garçon nous livre avec sa bande de potes (et pas des moindres) mon plus gros coup de cœur de ce début 2013 : …Like Clockwork.

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…Like Clockwork (2013)

Semer le trouble

Le plus incroyable avec Josh Homme, ce ne sont pas les quatre groupes mythiques qu’il a fait bondir de son hémisphère droit à la manière d’une boite-avec-un-clown-flippant-dedans. Ce sont bien plus les multiples facettes qu’il délivre dans chacun de ses projets musicaux. Je m’explique : la dernière fois que l’on entend parler de ce doux dingue, c’est en 2009 quand sur un coup de tête il monte un super-groupe avec son super-pote et homologue omnipotent Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters, excusez du peu) et John Paul Jones (le bassiste de Led Zeppelin, vous savez le groupe mythologique sur lequel baisaient nos parents). Le résultat ? Them Crooked Vultures, l’incurable éponyme qui laisse sur la croupe. Dans ce bijou sonique d’une rare intensité, monsieur Homme se lâche, se mue en joyeux luron et prend le monde de court depuis son désert avec cet aspect méconnu de sa personnalité.

Mais ceux d’entre nous qui ont une fois dans leur vie écouté 4 mesures de n’importe quel titre des Queens of The Stone Age savent ce qui se passe la plupart du temps dans la caboche de cet architecte du rock.

Il y a deux mois, je grimpe au rideau. Un ami guitariste un peu cinglé m’envoie un lien rip tout pourri via Souncloud, sur un coin de rectangle est écrit My God is the Sun. Je clique, fébrile. J’entend les cris lointains du public de Lollapalooza, un larsen, puis cette guitare deux tons trop bas qui semble émerger du noir… ils reviennent.

Le crève-coeur électrique

…Like Clockwork est un 10 titres réalisé de main de maitre, par un conglomérat de musiciens talentueux qui se réunissent autour de l’arlequin du rock contemporain. Arlequin, le qualificatif est faible dès lors que s’amorce le premier couplet de Keep Your Eyes Peeled. On retrouve le Josh Homme de QOTSA, le clown triste désabusé par un monde à la dérive et cet amour qu’il ne comprend plus vraiment. Ce sixième opus est un cri du cœur, une lame de fond électrique mise en abime par une guitare lancinante et le Dieu vivant de l’indus Trent Reznor (Nine Inch Nails). Réglé au Hertz près, le rendu est si fluide que les différentes collaborations s’imbriquent avec justesse et fermeté. Le feeling rythmique qui submerge nos esgourdes et qui provient de la frappe de Grohl est puissant, à l’image d’un You Know You’re Right presque 20 ans plus tard. Le basse/batterie est mis en avant comme jamais dans l’histoire du groupe, si bien qu’il enterre la mélancolie du vieux Josh sous un climat lourd et presque suffocant. Les amours de 20 ans du leader des Queens se succèdent avec une alchimie désarmante : le planant à la sauce Floyd avec « The Vampyre of Time and Memory », le rock abrupt d’un Jimmy Page transcendé avec « Kalopsia » (Trent Reznor detected), le Blues à la vitamine C avec «Smooth Sailing »… tout y est. La réussite de cet album est donc l’atmosphère unique qui émane des différents morceaux. Étouffant et teinté d’espoir morbide, …Like Clockwork est la mort qui enlace l’amour avec ses bras décharnés.

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La performance

Le climax de l’album est atteint à la septième piste . Le bijou, qui est probablement l’une des plus grandes réussites de la carrière dantesque de Homme, s’appelle Fairweather Friends.

« Elton m’a appelé, et m’a dit « vous avez besoin d’une vraie reine pour votre groupe. » Je lui ai répondu : « tu n’as pas idée » » (Josh Homme dans « au secours c’est du live » sur Oui Fm).

Ce titre en collaboration avec le Sir anglais et tripoté par Reznor sublime les idées noires du quadragénaire californien, alors que ce dernier teinte sa voix d’un espoir abimé, presque ironique. Une seule personne au monde aurait pu faire se poser les phalanges d’Elton John sur une piste rock, ce jour est à marquer d’une pierre blanche. Le piano du maitre de la balade s’intègre au stoner énergique et révolu des QOTSA, en une envolée lyrique fastueuse qui choque par sa beauté de diamant brut. On touche à la perfection, à ce rock incroyable et désormais légendaire auquel étaient accoutumés nos Ainés des années 70.

Réussite totale

Ce QOTSA cuvée 2013 témoigne de la capacité qu’a Josh Homme à se réinventer lui et la musique qu’il aime. 1996 est loin, très loin, mais la stupéfiante créativité de ce maitre de cérémonie est à son paroxysme. Il transfigure son rock en une entité douée de sentimentalisme exacerbé, et jongle entre noir et blanc sur fond de désert aride. …Like Clockwork tourne dans le sens des aiguilles d’une horloge, réglé comme du papier à musique.

Quentin Dary

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3 commentaires

  1. CHSNTRY

    Aucun rapport, le climax arrive avec I appear missing. Tu redescends avec douceur et allumes ta clope en savourant ton post coïtum animal triste sur …Like Clockwork.
    Tu connais JH pourtant, la redescente en un temps, toussa toussa

    Un ami guitariste un peu cinglé

    PS: joli article écrit avec la fébrilité d’un préado découvrant pour la première fois l’éjaculation et les mouchoirs (chaussettes, bouteilles de Danao, enfin, chacun son truc)

    XO

    1. Q

      Je pensais la même chose mon petit SNTRY, au départ. Ce qui m’a convaincu du fait que Fairweather Friends était bien le Climax, c’est uniquement parce qu’on retrouvait Smooth Sailing à la suite. Gros hommage à Led Zep et au blues coton, histoire d’entretenir le feu sacré jusqu’au I appear missing qui lui prépare le désespoir total de l’éponyme. Les cœurs en intro, le riff mémorable qui part dans tous les sens, l’envolée Johnesque… si ça c’est pas un climax, je change de marque de mouchoirs.
      Coté fébrilité pré-pubère, c’est bien plus une caractéristique allouée aux guitaristes, non? sensibles que vous êtes… c’est peut-être le choix du qualificatif qui fut déterminant.
      Mais finalement, climax à la piste 7 ou 9 (allez, on attribue ça à nos sensibilités cordes/fûts divergentes?), ça fait foutrement du bien d’avoir une galette dans le genre.

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