Interview de Laurent Baillet, photographe

Laurent Baillet est un jeune photographe. J’ai été touchée par son travail à la fois pour son originalité et sa pertinence. Dans ses photographies, il capture le mouvement, la foule et les laisse parler d’eux-mêmes. Quelques uns de ses travaux sont actuellement exposés dans l’exposition 23/23 à la Starter Gallery. A cette occasion, j’ai rencontré Laurent et lui ai posé quelques questions.

Voici deux photos (actuellement présentées à l’exposition 23/23). Laurent nous les explique :

LB01 WesternWall

La première est le mur des Lamentations, un lieu religieux. Ce qui me plait ici, c’est le contraste entre la première moitié de la photo très sombre : les hommes en train de prier, et la seconde moitié : ce mur plein de lumière. Une sorte d’opposition entre l’homme et le spirituel ou ce qui passe et ce qui reste.

LB Trevise

La seconde photo est faite à la fontaine de Trévise à Rome. Ici la nuée de touristes qui a envahi le lieu nous place assez loin de l’image romantique que notre imaginaire pourrait se faire de ce lieu ! Ce décalage m’intéresse, entre autres …

Peux-tu nous relater ton parcours jusqu’à aujourd’hui, comment en es-tu arrivé là ?

LB : Au lycée j’ai commencé à m’intéresser à la photo. J’emportais souvent un vieux reflex argentique avec moi et je photographiais un peu tout, sans trop me poser de questions. C’était assez instinctif et à l’époque, je crois que je cherchais simplement à faire de belles photos.

Plus tard, j’ai commencé à m’intéresser à la peinture et aux grand noms de la photo (d’abord les photo reporters puis peu à peu la photo d’art spécifiquement). C’est quelque chose qui a pris quelques années à murir (et ce n’est pas fini). J’ai passé beaucoup de temps à lire, regarder et étudier tous ces artistes. En parallèle, je faisais aussi beaucoup de photo. J’essayais des choses. Puis peu à peu j’ai affiné ma démarche. J’ai pris conscience de ce que je voulais montrer.

Peux-tu nous donner tes principales influences artistiques ?

LB : Quelques photographes, mais surtout des peintres.  Côté photo par exemple, j’aime beaucoup le travail de Saul Leiter. C’est un photographe New Yorkais qui a surtout travaillé dans la rue, à partir des années 50. J’aime particulièrement sa façon de composer avec la couleur et des cadrages très originaux surtout pour l’époque.

Côté peinture, c‘est surtout ce qu’il s’est fait dans la première grosse moitié du XXeme siècle. C’est une période très riche pendant laquelle beaucoup de choses ont été explorées au niveau du medium lui même. Pour être plus précis, je dirais surtout Braque et Picasso autour des années 10 (la naissance du Cubisme) et beaucoup plus tard : Pollock et Rothko.

Une autre période qui m’intéresse, ce sont les années 80 à New York, tout ce qu’on voit à ce sujet donne l’impression d’une réelle émulation entre les artistes. Je ne sais pas si ce genre d’effervescence existe aujourd’hui quelque part !

Tes photographies s’attardent souvent sur le mouvement, la foule, pourquoi as-tu choisi ces thématiques ?

LB : J’aime l’idée qu’une chose ou une personne puisse laisser une trace sur image. Une forme de présence sans être complètement là. Avec ces rues peuplées de foules fantomatiques j’essaie de montrer notre quotidien en prenant du recul. Ces images sont faites en utilisant des temps de pose très longs. Elles représentent donc le résumé en une image de ce qu’il s’est passé pendant plusieurs secondes ou minutes. Les gens qui s’agitent disparaissent ou ne font plus partie que d’un tout : la foule.

Cela me permet de parler de sujets qui me tiennent à cœur, en les abordant d’un point de vue différent.

J’aime l’idée qu’une chose ou une personne puisse laisser une trace sur image. Une forme de présence sans être complètement là.

Tes photographies sont majoritairement urbaines, pourquoi ? 

LB : Aujourd’hui j’aborde des sujets qui sont très liés aux foules que l’on trouve naturellement en ville. Observer notre société actuelle se fait probablement surtout dans les villes puisque c’est là que nous vivons de plus en plus… Mais j’ai d’autres travaux moins urbains.

En 2012, j’ai travaillé dans deux musées (Tate Modern et Thyssen à Madrid) il y est question des œuvres d’art et de leurs spectateurs qui semblent eux aussi disparaître.

Plus récemment, j’ai travaillé en studio. Il y est toujours question de traces, mais là il n’y a ni décors, ni foule. Ici je ne parle que de photographie et de ce qui fait sa spécificité. Un travail que je n’ai pas encore réellement montré.

 Tu es présent dans l’exposition 23/23, que penses-tu de cette expérience ?

LB : J’avoue que je suis assez impressionné par ce que Pierre et Deniz (les organisateurs) ont réussi à faire. Ils sont parvenus à organiser un bel événement qui fait venir beaucoup de monde. Tout cela avec beaucoup de simplicité et en faisant des choix très sérieux. Tout ce que j’espère que ça continuera en gardant le même esprit !

L’exposition 23/23 du 23 au 29 septembre à la Starter Gallery https://www.facebook.com/events/617253328290196/

Le Teaser de l’exposition : https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Vp1EOlKkObs

Le site de Laurent Baillet : http://www.laurentbaillet.com/

A découvrir aussi : 

Le site New Art Expo : http://www.newartexpo.com/fr

Propos recueillis par Marie Lou Kukiche

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