Pitchfork Music Festival, Paris

C’est un jour pour vous raconter nos tribulations au festival Pitchfork 2013.

Le weekend dernier a eu lieu dans notre charmante capitale la 3e édition parisienne du festival Pitchfork, petit frère de celui créé à Chicago en 2005. Pendant 3 jours, la Halle Charlie Parker, à la Villette, a accueilli plus de 30 groupes qui se sont produits sur les deux scènes du festival. Après les jolis noms des années précédentes, de Animal Collective à Four Tet, la programmation 2013 promettait à son tour de nous en mettre plein les oreilles.

C’est donc sourire aux lèvres que nous nous sommes dirigées vers porte de Pantin.

Le premier jour commence joyeusement avec le set de Blood Orange, un des plus funky de la journée. C’est affublé de son swag anachronique (petit col roulé blanc, pattes d’éléphant, et lunettes rondes s’il vous plaît) que Devonté Hynes  met le feu à la Halle. Joie sur la scène et mouvements de l’audience, bon démarrage pour le Pitch.

Juste après, changement d’ambiance avec le canadien Mac DeMarco. Il a une pêche d’enfer, comme dirait ma chère mère. Il déconne avec le public, devant, ça bouge comme pas permis. On a tous les morceaux qu’on veut (« Cooking up something good« , « Ode to Viceroy »…) et le chanteur finit par s’accorder un petit bain de foule. On rigole bien et d’ailleurs, on est ravis de l’entendre singer Clapton pour une reprise de « Cocaine » particulièrement chouette.

Le set de Mount Kimbie, ensuite, nous scotch. Le duo britannique nous interprète quelques morceaux de son premier album Crooks & Lovers, mais c’est essentiellement l’album Cold Spring Fault Less Youth sorti cette année qu’il nous fait le plaisir de jouer. Le set est intense, les lumières aveuglantes. Les mecs sont bons. Il ne manquerait plus que la présence de King Krule pour que la performance de Mount Kimbie soit inscrite dans les annales.

Plus tard, Darkside prend place dans un perpétuel jeu d’ombre et de lumière. La musique s’accorde à l’éclairage, quoi que, non, c’est bien l’inverse. Nico et Dave ne parlent pas trop, mais ils lâchent les basses. Et « Paper Trails » en live, ça claque.

Pour the Knife, il aura forcément été plus compliqué de s’accorder :

Le collectif suédois ne vient que très rarement à Paris, c’est pourquoi sa présence au Pitchfork était un véritable événement. Connu pour ses mises en scène un peu louches, nous nous attendions au pire comme au meilleur. Et en effet, le résultat divise. Pour l’effet de surprise, ceux qui les découvraient ce 1er novembre ne sont pas déçus : le groupe entre sur scène affublé de combinaisons bleus électriques et de masques. Tous se mettent à gesticuler dans tous les sens, les percussions sont fantastiques, Karin Dreijer Andersson (aka Fever Ray) est au top de sa forme. Vrai spectacle de GRS, diront les mauvaises langues. Pour les autres, de la surprise, point. Et si tout y est, les couleurs, la joie, la lumière (en toute objectivité, c’était assez beau vous dira Georges) quelque chose cloche. Car oui, si les musiciens dansent comme des diables, qui s’en occupe, de la musique ? Personne. Appréciant énormément The Knife, il semblerait injuste d’avoir un regard sévère sur leur set – et on ne nous fera jamais dire que déverser leur musique depuis des murs d’amplis, ça ne fiche pas la bonne humeur -, mais quand on est l’une des têtes d’affiche d’un festival, la moindre des choses ne serait elle pas de jouer de la musique ?

La deuxième journée on arrive un peu à la bourre.

Sur l’heure de Jagwar Ma, c’est un autre groupe qui joue, Wall of Death. Pas trop convaincues, on est reparties chercher une bière. Puis écouter Warpaint. Inutile de préciser que le public est directement tombé amoureux des 4 filles aux commandes du projet (mention spéciale pour la bassiste). Elles nous offrent un joli set, alternant entre des morceaux de leur premier album The Fool, « Composure », « Undertow », « Set Your Arms Down » et quelques petites nouveautés. Que dire ? Une fois de plus, le quatuor prouve qu’être jolies n’a jamais empêché un vrai talent de musiciennes. Au top.

Programmer Colin Stetson en revanche, c’était peut-être en attendre un peu trop d’un public de festival. Sans mettre en doute son talent, son jeu est un peu trop abscons pour attirer les novices. Mais Junip, à sa suite, est bon, mené par le charmant Gonzalez.

Quand les types de Jagwar Ma débarquent, ils amènent une véritable chaleur avec eux, délivrant un set particulièrement électrique. Le leader est presque en transe, il se tortille dans tous les sens. Puis c’est Connan Mockasin, tout mignon, qui discute presque avec le public. Il vient s’asseoir au bord de la scène pour raconter « Forever Dolphin Love », plus que la chanter. Des histoires comme ça, on en veut des tas.

Vers 23h intervient ensuite le seul artiste hip hop du festival cette année : Danny Brown. Le mec est dynamique, il apostrophe l’audience à tout bout de champ de « motherfucka » et finit par « casser » le son.  Ce jour là il semble avoir décidé de nous faire plaisir en nous interprétant les meilleures tracks de son album Old sorti il y a peine un mois. Le rappeur de Detroit a probablement effrayé les frileux de la musique hip hop mais l’artiste avait bel et bien sa place dans la line up du festival qui manque cruellement de ce genre de musique.

Disclosure clôt la journée en transformant la Halle en véritable dancefloor. Magique.

Le troisième et dernier jour du festival commence avec Empress Of.

Elle est toute jolie, sur la scène verte, et l’interprétation de Realize You qui clôt son set, particulièrement touchante. On traverse la halle pour aller écouter Pégase. Eux arrivent, tout de jean et de chemises à motifs vêtus, et nous remercient de nous être bougés aussi tôt. Avec plaisir.

L’entrée de Majical Cloudz, on l’observe depuis les portes, pour voir. Et il est étonnant de sobriété et de naturel. On se laisse captiver. Il nous raconte la drogue et ses amis perdus, martelant ses paroles de ses poings. Il y a une vraie force dans ces gestes dérisoires.

Puis vient Youth Lagoon : l’ami Trevor est accueillant. Encore un qui se donne dans sa musique. Très (très) beau set, à notre avis, mais il semblerait qu’il ait divisé le public. Tout ce qui provoque débat est intéressant.

On écoute Sky Ferreira de loin, trépignant déjà d’impatience à l’idée de voir Omar Souleyman. L’envie de danser monte. La musique du Syrien est un ingénieux mélange entre Orient et Occident. Le contraste entre son air absolument impassible et le public qu’il rend totalement fou est drôle. Et saisissant.

Panda Bear nous attriste un peu. Le démarrage trop violent nous ôte l’envie de rester aussi près. Avec un peu plus de distance, toutefois, on est content d’assister à sa performance.

Enfin arrive Hot Chip. C’est un vieux rêve qui se réalise, sans ombre au tableau. Le groupe écrase tout avec la facilité d’un claquement de doigts: tellement de tubes dans leur discographie qu’il n’est pas compliqué de communiquer une humeur dansante au public qui a énormément grossi.

Glass Candy leur succède. Le public reprend à peine son souffle après s’être défoulé sur les sets précédents qu’il repart, galvanisé par la danse étrange de Ida No.

Et l’apothéose finale arrive avec un Todd Terje exceptionnel. Il nous emporte loin, son set est incroyable, nous fait découvrir l’edit d’un morceau de Nese Karabocek et n’oublie pas Inspector Norse, bien sur. Pour fnir, A-Trak nous achève complétement en nous faisant nous tordre dans tous les sens. Une belle façon de clore le festival.

G. et Mathilde

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