Le Surréalisme et l’objet au Centre Pompidou

C’est un jour pour… parler du Surréalisme et l’objet 

Comme toute littéraire qui se respecte, j’ai toujours attaché au mouvement Surréaliste un mélange de fascination, d’admiration et d’étonnement. Fascinant, car ce sont avant tout des penseurs qui ont mis en place ce mouvement et qui l’ont théorisé. André Breton, dans son célèbre Manifeste du Surréalisme en 1924 explique le dessein de ce mouvement : dépasser le réel par l’art. Le Surréalisme tend à libérer l’homme de toutes les conventions esthétiques et de la raison, en représentant des choses qui s’apparentent davantage au rêve, au fantasme ou à l’absurde.

Les principaux artistes de ce mouvement ont été très largement inspirés par la pensée de Freud et pensent que l’art tend à faire disparaître la pensée lucide pour laisser place à une forme d’inconscience, de déraison.

Si le mouvement est bien connu pour ces écrits (André Breton, Robert Desnos, Antonin Artaud) ou pour ses tableaux (Salvador Dali, Max Ernst, René Magritte), on connait moins ses pratiques sculpturales.

Ainsi, le Centre Pompidou propose une exploration dans cette partie moins connue du célèbre mouvement d’avant-garde. On découvre ainsi une exposition qui retrace l’évolution du mouvement et son rapport à l’objet, ce que Breton appelle une « physique de la poésie« . Au fil du parcours, on se laisse emporter par une atmosphère toute particulière qui se concrétise de salle en salle et qui nous éloigne petit à petit du monde réel pour nous proposer un monde poétique, absurde, et parfois drôle.

On a l’occasion de voir des oeuvres dites classiques du surréalisme, tel que les premiers « Ready made » de Marcel Duchamp. La particularité de ces oeuvres est de nous faire réfléchir sur l’objet d’art en tant que tel. En effet, Marcel Duchamp va simplement acheter ce porte bouteille au BHV et l’ériger au rang d’oeuvre d’art par sa simple volonté d’artiste surréaliste. C’est pourquoi il nomme cela un « Ready made », cet « Objet usuel promu à la dignité d’objet d’art par le simple choix de l’artiste ».

L’exposition nous permet aussi de découvrir des univers moins connus du grand public, avec une salle entière dédiée au thème de la poupée traité par de nombreux artistes tels que Hans Bellmer avec sa Poupée en 1933-36.

On évoque également ce que Dali appelle les « objets à fonctionnement symbolique« . Ce sont des objets qui évoquent des représentations de notre inconscient, qui nous échappent. Il explique :  » Les objets à fonctionnement symbolique (…) ne dépendent que de l’imagination amoureuse de chacun et sont extra plastiques. » L’exemple parfait est la Boule suspendue d’Alberto Giacometti, réalisée en 1931, qui évoque avec poésie un érotisme latent.

Breton, Dali, Giacometti, MiróDuchamp, sont tous regroupés pour nous donner une définition un peu plus précise de ce mouvement si particulier qu’est le surréalisme. L’exposition nous propose également de comprendre l’implication politique du mouvement, avec l’engagement au sein du Parti Communiste en 1927. Le surréalisme devient alors une forme de militantisme politique, ce qui montre une fois de plus qu’il s’agit là d’un mouvement reposant à la fois sur la création et la réflexion philosophique. 

Je ne vous en dirai guère plus des mystérieuses oeuvres présentes dans Le surréalisme et l’objet. Ainsi, courrez voir cette exposition à la fois pédagogique et étrange, poétique et philosophique, dont vous sortirez à la fois fasciné et parfois égaré.

Marie Nonell

Le surréalisme et l’objet au Centre Pompidou, jusqu’au 3 mars 2014

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s