Started from the bottom

C’est un jour pour… Parler success story

Ceci est une success story. La personne dont il est question refuse en toute humilité de qualifier son parcours comme tel mais soyons sincères : vivre toute son adolescence dans un coin paumé en Essonne & ensuite mener la vie d’artiste à NY c’est presque mieux que Drake qui fait le mec avec son « Started From The Bottom » (oui, oui).
Heloise n’était âgée que de 12 ans & déjà elle nourrissait une certaine passion pour Haley Joel Osment, l’Amérique & le théâtre. Elle répétait déjà qu’un jour elle habiterait aux Etats-Unis & qu’elle y vivrait d’amour & d’eau fraiche. Et environ 10 ans plus tard, la petite spinolienne a mis les voiles pour la Grosse Pomme afin d’y vivre son rêve américain.
Pour moi, Heloise c’est un peu la Madonna de la génération Y.
Pour comprendre la recette de son succès nous l’avons interrogée, elle nous a fait part de son expérience & de ses projets artistiques.

Helo pièce

Qui es-tu exactement ? Tu peux te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Heloise, j’ai 23 ans, je suis française. Je vis à New York depuis trois ans. Je suis comédienne, dramaturge et productrice.

Cela fait longtemps que tu as cette passion pour le théâtre ?

Oui, oui, j’ai commencé vers l’âge de 12 ans et à 14 ans je commençais à passer des petits castings.  J’ai commencé professionnellement vers 17 ans. Le théâtre a toujours été un moteur fort dans ma vie et la source de mes choix professionnels.

Où as tu fait tes débuts ? Parles-nous de ton parcours !

J’ai été formée au Stella Adler Studio of Acting à NY. A l’automne dernier j’ai eu la chance d’être acceptée dans le programme de dramaturgie de Mac Wellman au Brooklyn College et d’obtenir une fellowship de la fondation Truman Capote. Ils acceptent 3 personnes chaque année donc c’était ric crakkkkk comme on dit chez moi.

Quelles sont tes influences, tes artistes préférés ?

J’aime beaucoup Robert Wilson et Ariane Mnouchkine comme metteurs en scène. J’aime les choses avec beaucoup de poésie qui abordent des sujets sociaux et graves.

Heloise Wilson 1

Héloïse, une success story à l’Américaine

Est-ce que tu as eu l’occasion de rencontrer des acteurs ou réalisateurs célèbres qui ont pu éventuellement te donner des conseils sur leurs professions ?

J’ai eu la chance de rencontre Julie Delpy et Toni Colette quand je bossais l’année dernière au Tribeca Film Festival mais c’est pas comme si on était devenues super copines. Honnêtement, plus j’avance plus je me rends compte que les gens que j’admire et qui m’inspire sont autours de moi. Deux de mes amis ont eu une super critique du New York Times aujourd’hui, ça donne le sourire de savoir qu’on est bien entouré. Puis je me rend compte que célébrité ou pas on est vraiment tous dans le même bateau : il faut savoir endurer, se prendre deux-trois claques et toujours travailler.

Qu’est-ce que la scène new-yorkaise a de plus que les autres  ?

Un certain professionnalisme et une rigueur assidue. Ici tu vas auditionner pour un film étudiant lambda et il y a 100 personnes qui te ressemblent et qui sont tous plus talentueux les uns que les autres. On ne joue pas dans la même cour. Il faut toujours être prêt à plus de 1000%. Aussi, l’accès aux auditions est plus ouvert. En France sans un bon agent, tu es foutu. Tu n’as accès à aucun casting et tu te retrouves à faire des petites pièces pseudo amateurs ou à devoir monter tes propres projets. Il y a aussi parfois une mentalité française qui voit le théâtre comme quelque chose en dilettante, un truc de chômeurs. Ici le show business est très compétitif mais c’est un milieu où l’on respecte l’artiste – à New York du moins. Après, il y a aussi beaucoup d’avantages à exercer la profession en France : soutiens financiers du gouvernement plus facile pour réaliser des projets, intermittence etc.

Tu as déjà écrit une pièce de théâtre, The Office Of Dead Letters, elle sera représentée prochainement au NY International Fringe Festival, peux tu nous en dire plus ?

C’est une pièce produite par Little y Theatre Company, qui est implantée à Perth en Australie et a New York.
La pièce se situe dans le bureau des lettres mortes, où des employés à moitié clown moitié humain, moitié machine, trient les lettres que leurs destinataires n’ont jamais reçues et  ils leur donnent vie. C’est un spectacle avec beaucoup de magie, de poésie du quotidien, un voyage à travers l’humanité et l’histoire (j’espère que je fais bien mon marketing ?).

Aujourd’hui, quel est le projet principal sur lequel tu travailles ? 

J’ai ma compagnie mais je bosse en free -lance, ce qui signifie que parfois j’ai l’impression de pas être assez occupée et que du coup je bosse toujours sur dix milles trucs à la fois. Je peux commencer une journée avec une audition, après un meeting avec un metteur en scène ou un producteur, passer deux heures à soumettre en ligne pour des rôles et a répondre à des emails, écrire ou bosser sur un script pendant quelques heures… Ca dépend des jours et des deadlines. Aucune journée ne se ressemble et ça fout les jetons mais je ne me verrais jamais faire autre chose.

As-tu d’autres projets sur le feu ?

J’auditionne beaucoup, j’ai un film en pre-production où je joue une jeune chanteuse désoeuvrée – qui s’appelle Solange, Whaddup Jay-Z ! Je bosse aussi sur pas mal d’événements avec ma compagnie de Theatre Little y Theatre , et je travaille sur un spectacle de Masques Neutres avec la Compagnie Messenger Theatre Company.

J’ai aussi écrit une pièce sur le bidonville de la Folie de Nanterre qui a eu sa première lecture publique et que je vais envoyer à des théâtres à droite et à gauche. http://bidonville-nanterre.arte.tv/

As-tu des rôles de prédilection ?

Je rêve de jouer Antigone. J’aime aussi Shakespeare et Ibsen plus que tout.

Sinon j’ai plutôt des pièces de prédilections. Je n’aime pas trop ce qu’ici on appelle les kitchen sink drama qui sont en gros des pièces où les gens parlent de leurs problèmes entre la table de la cuisine et le frigo. Ca m’ennuie. J’aime les choses qui me permettent de comprendre le monde dans lequel je vis avec une certaine magie, un regard différent.

Comment obtiens-tu tes rôles ? Tu cherches des rôles particuliers ou tu es du genre touche à tout ?

Le côté pas glamour de la vie d’acteur… Je passe des millions d’heures par semaines à constamment me soumettre pour des rôles, sur des sites de breakdown , ce sont des sites internets où les boites de prod ou des directeurs de castings postent leur projets et les rôles qu’ils cherchent. ça ressemble à ça :
 » COURT METRAGE- Recherche Grande Brunette – 25-28- notions de trapèze exigées. Tourne fin Juin. » 
Ca prend aussi beaucoup de temps de savoir qui bosse sur quoi ( Pilot season ! Coucou !), que ça soit à la télévision, au théâtre, ou au cinéma. Le vrai travail ce sait entre deux projets, connaître le marche , apprendre quel types de projets est en développement etc. Bref, faut faire ses devoirs.  Etre acteur cest aussi savoir ce que on a à vendre : je postule pour des rôles qui me ressemblent. Les directeurs de castings n’ont pas forcément beaucoup d’imagination et je n’irais certainement pas auditionner pour une avocate ou une maman dans une publicité !

Quels conseils pourrais-tu donner à ceux qui débutent dans le métier ?

Travaillez dur, choisissez une école sérieuse avec une bonne réputation car elle sera votre première famille artistique. Oui, il faudra faire des sacrifices personnels et financiers pour votre carrière. Ne faites pas ca si vous pouvez faire autre chose.

Ce soir, c’est un soir pour ? 

… Répétition !!!

 ***

Her life has been a story of success. Though she refuses to boast about it, let’s be honest – spending your youth growing up on the streets of the Parisian suburbs, and graduating to « the good life » as an artist in New York City is almost a more compelling story than how Drake allegedly, « Started from the Bottom. »

 

At the age of 12, Heloise was already infatuated with the young actor Haley Joel Osmont, America, and the theatrical world. Even at such a young age, she would constantly state her dreams to move to the United States and, « live on love alone. » Now, ten years later, she’s made it – living the American dream in the Big Apple. To me, Heloise can be considered a sort of Generation Y Madonna. To understand her recipe for success, we asked her a few questions, and she was kind enough to tell us about some of her experiences and upcoming projects.

Hi! Who are you, exactly? Can you introduce yourself in a few words?
My name is Heloise, I am 24, French and I have lived in NY for the past 3 years where I work as an actress, playwright, and producer.

How long have you been passionnate about theater ?
I started out when I was twelve or so, and started auditioning for small things around the age of 14. I started acting professionally around 17. Theatre and performing have always bee a constant in my life, and my priority when it comes to life choices.

Where did it all begin? Tell us about your career path!

I trained at the Stella Adler Studio of Acting in NYC. Last fall, I was lucky enough to be accepted into the prestigious MFA program with MAc Wellman at Brookyln College. I also received an award and a fellowship from the Truman Capote Foundation. They only accept 3 people a year into the program, so I lucked out on that one, if I may say.

What are your main influences? Who are your favorite artists?
I adore the work of Robert Wilson and Ariane Mnouchkine , they’re both brilliant directors. I like things with a lot of poetry and strong narratives which deal with important social subjects lightly.

 

I adore the work of Robert Wilson and Ariane Mnouchkine, they’re both brilliant directors. I like things with a lot of poetry and strong narratives that deal with important social subjects lightly.

Have you ever met famous actors/actresses or movie directors who eventually gave you some tips about their jobs ?

I was Lucky enough to meet Julie Delpy and Toni Colette when I was working at the Tribeca Film Festival last year , but it’s not like we became BFFs. Honestly, the older I get the more I realize that the people whose work I truly admire are the people I have surrounded myself with. Two of my friends just received an awesome New York Times review today, and it makes my day to know I am surrounded by so much talent. Fame does not matter , we are all in the same boat: you have to endure, fall flat on your face, and get back right on your feet to get the work done.

Is there a thing that the NY’s stage has & that others haven’t ?
Professionalism and discipline. In New York, you audition for a random student film, and there are 100 girls who look exactly like you and are 100 percent better than you. Access to auditions is also easier, here. If you don’t have a good agent in France, you’re screwed. There’s something about the French way of thinking (sometimes) that consider acting solely as a profession without any prospects. Here, the entertainment business is highly competitive, but artists are respected. Then again, in France there is more funding etc.

Isn’t too hard to act in English as a foreigner?
No, not really. I mean you obviously have to speak English, but honestly you just need the basics.

You have written a play called The Office Of Dead Letters which will soon be performed at the NY International Fringe Festival, can you tell us a bit more about it?
Yes – It is produced by Little y Theatre company, a theatre company originally from Perth. We are now working together in NY. The play takes place in the Office of Dead Letters, where quirky, clowny creatures, somewhere between humans and machines, sort out letters that never reached their intended recipient. The clowns bring them to life and act them out. There’s a lot of magic, mundane poetry, and it is a voyage through the story of humanity. (I’m going full on marketing-mode, here!)

What’s your current project? Are you working with a company or are you totally independent?
I have a theatre company ( littleytheatre.co), but I also work freelance, which means I always feel like I’m not busy enough. This means I often end up working on a million things at the same time. I can start my day with an audition, then a meeting with a director or producer, spend two hours submitting for roles and responding to emails, write or work on a script for a couple of hours… It depends on the days and the deadlines. No one day is alike, and it freaks me out, but I could never see myself doing anything else.

Do you have any others projects you’re working on?
I audition a lot! I have a short film in pre-production as well, where I play a young idol singer (named Solange, whaddup Jay-Z!) I work on different events and readings with my theatre company as well. I am also currently working on a street performance involving Native masks with the Messenger theatre company. I also wrote two plays one of them, « La Folie, » has just recieved its first public reading, and I will send it to theatres. For more information:http://bidonville-nanterre.arte.tv/
Have you ever published your plays?
No, but the most important thing is to get produced and self-produce.

Do you have any favourite  roles that you like to play among others?

My dream role is Antigone. I also love Shakespeare and Ibsen more than anything. I also have certain plays that I am more attracted to. I don’t really like kitchen sink drama type of things, where people fill up their taxes and fight between the kitchen table and the espresso machine. That bores me. I like stuff that serves me as a vehicle to understand the world I live in. But I think that, like many actors, I like complicated and vulnerable characters.

How do you find your roles? Are you looking for particular ones, or do you just not care – do you take whatever you can get?
Are you ready for the less glamourous side of acting ? I spend around a million hours each week constantly submitting for roles on various breakdown sites, where production companies and casting directors post what they are looking for. It looks like thi :

 

‘’ SHORT FILM – looking for tall Brunette, 25-28, trapeze notions are a must, shooting at the end of June’’

 

It also takes a lot of time to do your homework and figure out who is working on what (Hello, pilot season!), whether it’s for TV, film or theatre. So, a lot of this job is going between jobs, getting to know the market, and figuring out what kind of work is out there. You have to do your homework. It is also important to know your own selling points – your type or style. I apply to roles similar to me. Casting directors sometimes don’t have much imagination, and I would certainly be brought into the audition room to play a lawyer or a mother in a commercial.

What kind of tips can you give to those who are just starting to act?
Work hard! Find proper training, and pick a school with a good reputation, because it will be your first artistic family. Yes, you will have to make many sacrifices, finacially and personally, for your career. Do not do this unless you are absolutely certain there is nothing else you can see yourself doing.

What are you gonna do tonight ?
… Practice!

Propos recueillis par G.

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