Interview Monogrenade –

Après Tantale, Monogrenade revient avec un deuxième album, Composite. On les a rencontrés lors de leur passage à Paris, avant leur concert du 4 novembre à la Flèche d’or. En terrasse, avec Jean-Michel Pigeon, leader-chanteur du groupe, on a parlé de création, de relations humaines et de chalets d’été. A l’image de ses chansons, on a parfois dû tendre l’oreille pour entendre sa voix. Mais ça en valait la peine.

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CUJP : Tu peux nous présenter ton projet, Monogrenade ?
Jean-Michel : J’ai formé le projet en 2009, c’était un peu un hasard j’enregistrais des tunes avec un ami dans un chalet, on a décidé de les garder. Mathieu et François qui sont dans notre groupe, ce sont deux amis, je les ai appelés je leur ai présenté le projet. Marianne, la violoncelliste, elle nous a écrit sur Myspace, elle cherchait un projet plus pop, parce qu’elle était plus dans le classique. Pour les violonistes, avant c’étaient des pigistes.

CUJP : Même si vous venez de sphères différentes, vous avez des influences communes ?
JM : On a tous des goûts différents, mais il y a certaines choses sur lesquelles on se rejoint. Comme Radiohead, on aime tous Radiohead. Je pense que tout le monde aime Radiohead, en tout cas j’espère ! En fait, on est plus un groupe au niveau du spectacle, parce que pour tout ce qui est écriture des chansons, je travaille plutôt individuellement. Je travaille dans le studio à temps plein, j’écris dans le studio à temps plein. Ça reste un collectif, tout le monde apporte son esprit créatif, et moi je garde une certaine direction des chansons.

CUJP : Quelle est votre place sur la scène musicale canadienne?
JM : Je pense qu’on est connu par beaucoup de monde, mais on ne passe pas dans des radios commerciales. C’est pour ça que je pense que les gens nous connaissent, mais je pense qu’on n’est pas grand public en fait. On fait plus partie du circuit indie que du circuit pop.

CUJP : Après le succès de Tantale, le premier album du groupe, il n’y avait pas une certaine pression, avec l’attente des critiques ?
JM : Tu sais, tu n’as pas le choix de te lancer ! Pour le deuxième, les gens qui ont aimé ton premier album s’attendent à quelque chose. On a fait quelque chose le plus honnêtement possible. Sur celui-là, les gens entendent un virage plus électronique. C’est juste que je me suis installé dans un studio où il y avait plein de synthés, donc ce n’est pas forcément quelque chose qui était voulu. J’ai acheté un studio l’an passé, et mon partenaire, c’est un gars de l’electro, le studio est rempli de synthés ! C’était facile, je suis tombé là-dedans.Sans titre

Jean-Michel Pigeon «  Je ne suis pas un grand chanteur »

CUJP : Le deuxième album est souvent celui de la confirmation ?
JM : Je trouve que c’est dur d’en parler pour nous, parce qu’on est dedans, mais cet album est meilleur que le premier. Il y a une évolution, on devient de meilleurs auteurs, de meilleurs compositeurs, le spectacle devient meilleur. Avec le temps, tout s’améliore. Je pense que c’est comme ça que les gens l’ont vu en tout cas.

CUJP : Généralement en France, un album écrit en français (sauf exceptions) est assez mauvais. Quelle est votre recette pour contrer la malédiction ?

JM : Je te dirai que c’est la même chose chez nous ! La musique en français, c’est de la musique plate. Il y a peu de gens qui sont capables d’en faire en fait. Il y a des gens qui ont une certaine façon de parler, qui est plus actuelle, qui marche plus avec l’époque d’aujourd’hui.

CUJP : Justement, comment est-ce que tu écris ?
JM : Je ne me considère pas comme un parolier. Je me considère comme un compositeur. Les gens qui parlent d’eux-mêmes, j’écoute ce genre de musique, mais moi je ne pourrai pas écrire comme ça. J’aime mieux parler comme si j’étais quelqu’un d’autre, parler de quelqu’un d’autre, parler par métaphore. Mais en même temps, je fais attention aux mots. Chaque phrase je peux t’en parler t’expliquer ce qu’elle veut dire.

CUJP : Pourtant c’est un album qui semble extrêmement personnel ?
JM : Oui, il y a des choses personnelles. La première phrase de l’album, c’est « je ne suis pas là ». La personne qui parle, qui te dit « je ne suis pas là », ce n’est pas moi. C’est quelqu’un que je connais. En fait, c’est une écriture personnelle, mais qui ne parle pas nécessairement de moi.

CUJP : La place de la voix dans l’album est assez surprenante. Elle est assez basse, presque au niveau des instruments, alors que la voix est aujourd’hui très souvent mise en avant.
JM : Je suis d’accord, c’est vraiment ça. Je ne fais pas de la musique à voix. Je ne suis pas un grand chanteur ! La mélodie, elle se place avec la musique. Ca se fait beaucoup dans la chanson anglophone, dans la musique indie. Mais les gens adorent la voix, ils en veulent toujours plus. Ils me disent : « Monte la voix, monte la voix ! ». Mais moi je la trouve déjà forte ! Dans la musique que j’écoute, la voix ne porte pas non plus. Honnêtement, je trouve que la voix est forte dans cet album. Le groupe ensemble, on l’a écouté, et on a trouvé que la voix était plus forte que sur le premier album. Pour être franc, j’aime le niveau de voix qui est comme la musique, qui paraît ensemble, à moins d’avoir une voix exceptionnelle.

CUJP : Pourquoi Composite ?
JM : A mi-chemin, on s’est rendu compte que toutes les chansons parlaient d’hommes, d’une personne ou des relations humaines. Moi, je voyais une relation entre ça et l’univers. Il est immense, complexe. D’où composite. Ça montre bien la complexité du monde…

CUJP : Cet album crée un univers sonore qu’on perçoit bien lorsqu’on l’écoute chez soi, un casque sur les oreilles. Comment vous allez faire pour retranscrire cet univers lors des concerts ?
JM : C’est beaucoup de travail. Dans un casque c’est différent. Dans la vraie vie, mélanger de la batterie relativement forte, des synthés, des beats box, des cordes avec une voix douce, c’est compliqué. C’est du travail. Qu’est-ce qu’on décide de montrer, parce qu’on ne peut pas tout jouer ? Après, c’est beaucoup de dosage de volumes, on essaie de rendre les chansons les mieux possibles, comme sur l’album. Et en même temps, on essaie d’aller un tout petit peu plus loin en live. Tu vois, c’est vraiment une question de volume, de niveau. On va aussi avoir beaucoup d’éléments visuels, donc il faut que ça colle relativement bien avec la musique. C’est pas de la musique de « party », c’est de la musique un peu cérébrale, donc ça colle bien avec cette mise en scène.

CUJP : Quels sont les projets futurs de Monogrenade ?
JM : Là pour l’instant c’est surtout les concerts. On espère jouer le plus possible. Et on prépare aussi le nouvel album. Il y a déjà cinq six nouvelles chansons de commencées. Là il y a plus de guitares, c’est plus rock, mais on ne sait pas encore, tout peut encore changer. J’ai aussi envie de reprendre des chansons de Composite, mais de différentes façons. Rien que pour Métropolis, j’ai cinq autres versions !

CUJP : Dernière question, pour toi c’est un jour pour faire quoi aujourd’hui ?
JM : Ce serait un jour pour visiter la ville. J’ai bien envie d’aller dans des bars toute la nuit !

Propos recueillis par Alexandre Tange

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