Expositions hautes en couleurs

C’est un jour pour… parler couleurs

En ces temps froids et gris, quoi de mieux que de se réchauffer le cœur – et l’esprit – en poussant les portes d’un musée? Je vous conseille d’entrer d’un pas assuré dans le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris & dans le Grand Palais, où deux femmes font rimer art avec couleur. 

Sonia Delaunay, les couleurs de l’abstraction

Rythme couleur
Rythme Couleur, 1964, © Pracusa 2013057 © Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris / Roger-Viollet

Si vous suivez mon conseil, vous découvrirez tout d’abord l’univers de Sonia Delaunay. La grande rétrospective consacrée à l’artiste au Musée d’Art Moderne est une réussite de par la richesse des œuvres exposées et de par sa capacité à révéler l’artiste complète que fut Sonia Delaunay.

Tantôt peintre, créatrice de mode, designeuse, cette femme étonne par la singularité de son art, ou plutôt, de ses arts. On évolue à travers les différents espaces du musée, le regard étonné – et coloré. L’univers de l’artiste nous passionne & nous impressionne. Elle côtoie les intellectuels de son époque et collabore largement avec eux. En témoigne le magnifique exemplaire de la Prose du Transsibérien de Blaise Cendrars, illustré par Sonia Delaunay. Son art abstrait et coloré, qu’elle appelle « Simultané » nous fait voyager.

On se prend à rêver d’être invité dans le mythique appartement des Delaunay, qui fut salle de bal, d’exposition et de foisonnement artistique. Avec Sonia Delaunay, même le Palais de l’Air nous donne envie. Les trois panneaux réalisés à cette occasion par l’artiste nous laissent sans voix. Nous sommes forcés d’admettre que l’art de madame Delaunay est plus que d’avant garde, il semble intemporel.

Hélice, décoration pour le « Palais de l’Air», Exposition Internationale des Arts et Techniques, Paris 1937 © Pracusa 2013057 © Skissernas Museum, Lund, Sweden/Emma Krantz 8 Sonia
Hélice, décoration pour le « Palais de l’Air», Exposition Internationale des Arts et Techniques, Paris 1937
© Pracusa 2013057 © Skissernas Museum, Lund, Sweden/Emma Krantz

Le dialogue entre Jacques Dutronc et Sonia Delaunay diffusé en fin de parcours, ne peut que vous donner envie d’aller voir cette exposition.

Jusqu’au 22 février au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

Niki de Saint-Phalle au Grand Palais

Continuez votre voyage en vous rendant au Grand Palais. Vous y rencontrerez Niki de Saint-Phalle. Personnage atypique de l’art moderne, cette femme nous intrigue par sa complexité, ses contradictions et ses paradoxes. L’exposition -gigantesque- nous fait elle aussi voyager dans un univers qui nous étonne autant qu’il nous fascine. Cette jeune fille issue d’une famille franco-américaine bourgeoise a d’abord été mannequin & mère de famille, avant de tout chambouler pour devenir une artiste autodidacte. Au fil de l’exposition, on comprend alors la complexité du personnage : elle aime les hommes en même temps qu’elle les déteste ; elle défend la condition féminine en même temps qu’elle critique violemment les mères oppressantes ou les mannequins des magazines.

« Pour moi, mes sculptures représentent le monde de la femme amplifié, la folie des grandeurs des femmes, la femme dans le monde d’aujourd’hui, la femme au pouvoir. »

Au cours de l’exposition, on croise les fameuses « Nanas« , ces femmes aux couleurs vives et aux formes généreuses, qui nous impressionnent en même temps qu’elles nous interrogent. La grande salle qui leur est consacrée constitue l’espace le plus réussi de l’exposition, où l’on plonge la tête la première dans l’univers complexe et hautement coloré de l’artiste. On y découvre de grandes Nanas qui dansent et de fascinants poèmes amoureux illustrés, sans pour autant plonger dans la démesure et l’enfantin. Car ce qui caractérise les œuvres de Niki de Saint-Phalle semble être la profondeur cachée derrière toutes ces couleurs vives.

Why don't you love me ?

La grande salle consacrée aux tirs, ces œuvres sur lesquelles l’artiste a proprement tiré avec un fusil pour dénoncer une société trop violente, est beaucoup plus difficile à digérer que la poésie évidente des Nanas, mais n’en demeure pas moins criante de vérité sur l’art de Niki : un art de la réflexion et de la dénonciation. Ainsi, l’exposition du Grand Palais nous éblouie de couleurs, paillettes, de courbes & de formes en tout genre, tout en nous dévoilant une artiste aux propos assurément profonds et sincères.

Pour compléter votre visite de l’exposition, je vous conseille la lecture du livre d’Elisabeth Reynaud, « Il faut faire saigner la peinture » aux Editions l’Archipel, qui donne davantage d’éléments biographiques pour décoder le travail de l’artiste dans son intégralité.

Au Grand Palais jusqu’au 2 février

Marie N

JEU CONCOURS

À gagner : Des invitations pour les expositions:

– Niki de Saint Phalle au Grand Palais

– Haïti au Grand Palais

-Paul Durand-Ruel au Musée du Luxembourg

Comment jouer ?

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Bonne chance !

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Un commentaire

  1. louis

    bonjour !

    les contrastes simultanés et toutes les recherches chromatiques des époux Delaunay ont également passionné Olivier Messiaen, qui possédait dans sa maison de Petichet dans l’Isère des objets d’art qui lui venaient de Sonia.

    Alors il me fait plaisir de réunir ces artistes en rapprochant deux oeuvres puissamment colorées…
    cordialement LL

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