« Whiplash » de Damien Chazelle

C’est un jour pour… parler cinéma 

Avez-vous entendu parler du vainqueur du Festival de Sundance, de ce premier long-métrage de Damien Chazelle qui a raflé une série de prix symptomatique de son succès critique ? Ca n’était pas mon cas. Mais trois jours après mon arrivée en terres mexicaines, me voilà entrainée au cinéma pour aller voir « Whiplash », sous-titré « Musica y obsession » en espagnol.

 

Une histoire de musique, c’en est une vraie : Andrew Neyman est batteur de jazz. Son but : « faire partie des grands », en commençant par intégrer le Schaffer Conservatory, l’une des meilleures écoles de musique des Etats-Unis. Bientôt repéré par le très exigeant Terence Fletcher, il intègre son orchestre et s’entraîne avec une énergie souvent digne du désespoir pour parvenir à satisfaire les existences de ce chef d’orchestre tyrannique. Et, à terme, tenter de devenir le nouveau Buddy Rich.

Au Mexique, donc, je me suis retrouvée au cinéma, devant un écran annonçant « Whiplash – Musica y obsesion ». Mais plus que de simple obsession, c’est de passion qu’il s’agit ici, au sens premier du terme. Andrew jouit et souffre à la fois d’un attachement tellement profond au jazz et à son jeu de batterie qu’il ferait absolument n’importe quoi pour devenir le prochain héros du jazz. En face, Fletcher suit un modèle pédagogique tout à fait particulier: jouer sur quelques moments d’amitié apparente pour pouvoir mieux maltraiter ses élèves à coups d’injure ou de violence physique. Animé d’une passion égale et opposée à celle du batteur, il cherche ouvertement à pousser les étudiants au delà de leurs limites. Afin de trouver le prochain Charlie Parker, quoiqu’il en coûte.

A l’aveugle, Whiplash se fait donc claque dans la figure du spectateur. Filmé en clip, par saccade, il est très fort pour transmettre la tension qui tire Andrew vers son meilleur jeu. S’il est très fort pour sa transmission de l’univers sonore, le film frôle quelque fois le narcissisme, à se regarder lui-même, à jouer la mise en image du jazz, à répéter les mêmes scènes. Il faiblit quand disparaît la lutte entre les deux protagonistes, une demi heure de moins n’aurait probablement pas nuit. Mais quelle performance ! Andrew Neyman / Mikes Teller est impressionnant de détermination, de solitude, et d’accomplissement dans le jeu, celui de la batterie comme celui d’acteur. Quand à Fletcher, joué par un Simmons aussi glaçant que possible, il provoque à dessein le malaise du spectateur, si ce n’est sa souffrance : Whiplash est une lutte entre deux passionnés, combat digne de celui d’une arène, dont un seul pourra sortir vivant.

Mathilde S. 

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