Faada Freddy, Gospel Journey

C’est un jour pour… écouter Gospel Journey

Cet artiste sénégalais programmé dans l’édition 2015 du Printemps de Bourges nous a parlé avec enthousiasme de sa musique, de son pays & de son amour pour la France. D’une incroyable simplicité, le musicien nous raconte une histoire, son histoire, celle d’un philanthrope mélomane passionné pour qui la musique est avant tout un partage et se doit d’être universelle. Véritable célébrité au Sénégal où il a débuté dans le duo de hip-hop Daara J, Faada Freddy part aujourd’hui à la conquête du monde en venant défier les codes de l’industrie musicale. Son 1er album intitulé « Gospel Journey » sorti en mars dernier est un petit bijou.

Faites nous confiance, on n’a pas fini d’entendre parler de ce monsieur !

C’est un jour pour : Salut Faada, peux-tu te présenter brièvement à nos lecteurs ?

Faada Freddy : Je me présente, je m’appelle Faade Freddy, je viens du Sénégal. J’ai commencé la musique tout jeune, en reprenant des morceaux d’Aretha Franklin, Billie Holiday ou Otis Redding, alors même que je ne comprenais rien à leurs paroles (rires). À partir des années 1980, je commence à m’intéresser à la culture hip-hop et au breakdance. Le premier morceau de rap que j’entends est The Message de Grand Master Flash.

Mon meilleur ami et moi on décide de créer notre propre groupe Daara J. On fait beaucoup de concerts dans notre pays, dans des salles ou dans la rue. On a beaucoup évolué au sein de notre école. On étudiait la comptabilité en section G (ancêtre du bac S, ndlr), mais à la récréation on faisait des freestyles devant les copains. Un jour, un producteur est venu nous écouter au concert de l’école et on a signé notre premier contrat. Une fois notre bac en poche, nous sommes partis en tournée pour la première fois.

CUJP: votre duo a pas mal tourné, tu peux nous parler un peu plus de cette expérience ? 

F.F : J’ai évolué dans le hip-hop davantage en tant que chanteur que rappeur. J’étais un peu le soulman du groupe ! (rires). On a beaucoup voyagé en faisant des premières parties prestigieuses, comme celles de Damon Albarn ou les Red Hot. Tous ces voyages m’ont beaucoup inspiré et j’ai commencé à m’intéresser aux autres musiques du monde pour essayer de produire une musique universelle.

CUJP : Ces voyages ont donc inspiré ton album « Gospel Journey » fraichement sorti ?

F.F : Exactement, avec cet album je voulais proposer une musique universelle. Je chante dans plusieurs langues pour toucher le plus grand nombre.  Je me suis inspiré de la musique Gospel dans laquelle les chanteurs entrent en transe et produisent des percutions corporelles qui accompagnent leurs chants. J’adore cette musique pour son aspect rythmique, c’est pour ça que tous les morceaux de l’album reposent sur ce principe.

« Avec la musique, j’aimerais faire tomber toutes les barrières de langue, de nationalité, de religion »

Avec cet album, mon unique espoir est que le monde comprenne qu’il existe un langage universel. Avec la musique, j’aimerais faire tomber toutes les barrières de langue, de nationalité, de religion. J’ai vu beaucoup de divisions dans tous les domaines. Pour moi, la musique est la solution. Pendant mes concerts, je laisse beaucoup de place au public en le laissant chanter ou intervenir. C’est ma manière de prouver que nous sommes tous des musiciens à notre manière.

Faada Freddy, Gospel Journey

CUJP : Comment as-tu travaillé sur cet album ?

Gospel Journey a été entièrement produit au Sénégal, dans un studio prévu pour. C’était une magnifique expérience. Le studio était un environnement vraiment inspirant : il y avait une ambiance de travail tellement productive & familiale ! Tous les jours, on se regroupait tous autour du Thé Ataya, un thé sénégalais, avant d’aller travailler. C’était des conditions optimales pour produire un album.

CUJP: Y a-t-il certains artistes avec qui tu aimerais travailler en particulier ?

J’adore travailler avec d’autres personnes, qu’elles soient artistes ou non. Je veux que tout le monde puisse participer à ma musique, c’est un partage. J’ai déjà travaillé avec des personnes chantant complètement faux ou avec des groupes d’autistes et c’étaient des expériences géniales. Certaines personnes ont été très émues, car quand ils chantent ou font de la musique, ils ne semblent pas être autistes. La musique fait d’eux plus que des handicapés, ils sont multi-talents.

Tu sais, il y a beaucoup de dictatures dans le monde, elles ne touchent pas seulement des pays comme la Libye. Non, la dictature est partout quand on enlève aux gens la liberté de s’exprimer à leur manière. Même dans la musique il y a certaines formes de dictat avec les politiques de quotas ou autres. Aujourd’hui, les dictatures sont personnalisées et forment des cages invisibles autour des gens. Ils faut les abolir. En chantant avec ces gens, je ne me suis jamais senti aussi libre.

CUJP: Où est-ce que tu vis aujourd’hui ?

Je vis toujours au Sénégal mais je fais beaucoup d’aller-retour en France. Je me familiarise de plus en plus avec Paris, je me suis fais de très bons amis ici. Aujourd’hui, ma famille est partout dans le monde. J’ai laissé des morceaux de moi un peu partout sur le globe entre le Sénégal, la France, les Etats-Unis, etc. Ma famille est partout, je ne peux plus le nier. C’est pour ça que je chante dans plusieurs langues, comme l’anglais ou le Wolof (langue du Sénégal, ndlr). Je me mets même à chanter en Français !

CUJP : D’ailleurs quelle est ton actualité ? Des scènes à venir ? 

Je serai le 13 avril à la Cigale. Quand j’ai commencé le projet, j’y ai fait les premières parties d’Imany. Je suis vraiment content d’avoir fait tout ce chemin. C’est encore une confirmation qu’il ne faut jamais s’arrêter de rêver, il ne faut jamais arrêter d’avoir envie. Je n’arrêterai jamais. La raison pour laquelle je fais de la musique est plus grande que moi-même, ça me dépasse, je ne peux pas arrêter.

L’un de mes lives favori était au Trianon. J’étais sur scène avec une chorale, ce qui était super cool. J’aime être à plusieurs sur scène. La musique est faite pour être partagée. Je suis juste un canal, je ne crée rien. Je suis une éponge qui absorbe des discussions, des discours, des lectures et je les retransmets. J’essaie d’extérioriser ce que j’apprends de manière lyrique.

CUJP : Enfin, notre question fétiche, aujourd’hui C’est un jour pour quoi ?

Pour réaliser que je suis sur les marches du Printemps de Bourges. Encore un autre rêve en route, encore un nouvel espoir, une nouvelle porte vers l’harmonie du corps et du coeur. C’est une scène à laquelle je pense depuis longtemps. C’est un rêve qui se réalise. Je suis vraiment content de tout ce qui se passe aujourd’hui pour Gospel Journey.

Propos recueillis par Marie N. et G.

Faada Freddy, Gospel Journey

Concert à la Cigale le 13 avril

Printemps de Bourges le 28 avril

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