Psychédélisme et hypnose avec « Currents » de Tame Impala

Les australiens Tame Impala ne cessent de prouver que les années 2000 ne sont pas incompatibles avec le rock psychédélique. Le 17 juillet dernier leur nouvel opus « Currents » a vu le jour.

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Le groupe n’avait cessé d’attiser la curiosité du public en publiant sur Soundcloud quelques singles issus de cet album, tout en réalisant d’impressionnantes covers (de Michael Jackson en passant par Outkast) soulignant leur éclectisme et leur génie créatif.

Il a su également rester présent à l’esprit des fans en multipliant les collaborations – Kevin Parker, le chanteur a notamment travaillé aux côtés de Kendrick Lamar et du britannique Mark Ronson. De sorte que ce 3e album était l’un des plus attendus cette année et présageait des choses particulièrement intéressantes.

« Currents » parle d’amour, de l’homme en général & de son incapacité à apprendre de ses erreurs »

Avec « Currents », les australiens nous dépeignent une nouvelle fois une musique fidèle au rock psychédélique des années 60-70 avec ses synthés & sa langueur hypnotique. Ils oscillent aussi habilement entre pop et musique électronique, registres qu’ils ont déjà su maitriser dans leurs précédents albums « Innerspeaker » (2010) & « Lonerism » (2012). Ainsi, ce nouvel album est l’occasion pour eux de faire honneur à leurs genres de prédilection, sans pour autant faire le choix de s’y cantonner (« The Less I Know The Better », timidement funky). C’est là tout le génie de Tame Impala. Les tracks sont doux, ils peuvent vous hanter dès le réveil comme ils peuvent aussi être plus rythmés et inviter à la danse.

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Kevin Parker, méditatif

Certains morceaux sont probablement difficiles à apprivoiser dès la première écoute, mais la voix lancinante de Kevin Parker nous invite à la réécoute. Cette voix, d’ailleurs, qui rappelle peut être étrangement celle de John Lennon, nous fait plonger dans un songe psychédélique aux teintes nostalgiques duquel l’on ne souhaite l’on se réveille avec peine.

« Les tracks sont doux, ils peuvent vous hanter dès le réveil comme ils peuvent aussi être plus rythmés et inviter à la danse. »

Mais si l’on s’intéresse davantage aux paroles, on s’aperçoit qu’elles contrastent avec la douceur que nous inspirent les mélodies. La voix de Kevin Parker est certes rêveuse, mais est aussi paradoxalement une constante piqûre de rappel d’une réalité presque cruelle – « My weakness is the source of all my pride » issues de Cause I’m A Man, l’un des morceaux les plus marquants de l’album, d’ailleurs joliment remixé par le trio féminin HAIM.

« Currents » parle d’amour, de l’homme en général & de son incapacité à apprendre de ses erreurs, New Person, Same Old Mistakes :

« Feel like a brand new person (But you make the same old mistakes), I don’t care I’m in love, (Stop before it’s too late) »

« Currents » peut se présenter comme une catharsis, véritable purgatoire, l’album présente la réalité sans fards : l’homme & ses éternels dilemmes. Comment savoir quels choix seront les bons ? C’est sur cette question que l’album s’achève, So How Will I Know that it’s right ?

G.

 

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