C’est un jour pour… se faire plaisir aux oreilles avec Ambrose

EPambrose

Vendredi 2 octobre. Un vendredi comme les autres si ce n’est que c’est le premier vendredi du mois et le début du week-end, appel à une petite bière pour trinquer à toutes les belles perspectives que celui-ci va apporter. Pour les membres du groupe AMBROSE, en ce vendredi soir du 2 octobre, il s’agit surtout de célébrer la sortie de leur premier EP, le matin même. Par chance, j’ai pu m’inviter à l’apéro et discuter avec Alexandre et Félicie de musique, de culture, de Paris ou encore d’amour. Une rencontre à trois voix en toute simplicité, avec des êtres trop sensibles pour être vraiment méchant, qui parlent de musique comme ils parlent d’amour : en rythme et douceur.

 

CUJP : Votre EP est sorti aujourd’hui, comment vous sentez-vous ?

Alexandre : On est contents !

Félicie : On est très excités et très contents.

 

CUJP : Est-ce que vous pouvez nous parler un peu de cet EP ?

A : L’EP a correspondu à l’arrivée d’Adrien dans le groupe il y a un an (NDLR : Adrien est le batteur. Avec Christophe, leur ingé son, ils sont quatre à avoir construit cet EP). On avait déjà sorti quelques titres avec Félicie qui étaient planants, atmosphériques, et on avait envie avec cet EP de faire un truc un peu plus rythmé, un peu plus énergique et en même temps d’assez hybride avec des influences un peu tribales. On voulait mélanger un peu tout ça, on voulait de la pop, de l’électro, du rythme et de l’énergie.

F : C’est aussi l’une des premières fois où l’on s’est à ce point projeté dans le live au moment de la création. On avait eu l’expérience du concert avec les premiers morceaux, on savait à quoi ça pouvait ressembler. Et on a eu envie de booster le live, que l’on s’amuse et que ce soit fun !

A : Alors qu’à l’inverse les premiers morceaux qu’on avait faits, on avait fait ce qui nous plaisait et ce qu’on avait dans la tête mais sans forcément penser à la façon dont notre musique allait interagir avec des gens.

 

CUJP : Pourquoi le choix de l’anglais pour composer vos morceaux ?

: J’ai du mal à écrire mes textes en français, puis je pense que pas mal de groupes qui m’influencent chantent en anglais.

F : J’ai toujours écrit en anglais. Je pense qu’il existe une certaine éducation de l’écriture et qu’il est dur de s’éduquer autrement quand on a toujours pris l’habitude d’écrire en anglais. Je me sens incapable d’écrire en français.

A : Il existe aussi une poésie de la langue étrangère. Et le fait que tu te dévoiles moins : la langue agit comme un écran alors qu’en composant dans ta langue maternelle tu te mets plus à poil.

F : On est assez pudique je pense. C’est vraiment dur d’écrire en français, d’autant plus que dans notre culture musicale française, il y a une certaine forme d’exigence. Quand tu chantes en français, on t’écoute tout de suite d’une autre manière.

 

CUJP : Quelles sont vos influences musicales et culturelles à tous les deux ?

F : Sur le plan musical, on a pas mal de références en commun comme the Knife ou Fever Ray, de l’électro assez froid.

A : Quand je faisais de la musique tout seul avant, je faisais beaucoup de choses planantes comme ça. Par la suite, j’ai cherché à faire de l’électro plus rythmée et c’est aussi ce que Félicie m’a apporté.

F : Moi j’ai plus une culture électro mais on se rejoint sur plein de points. Quand on a commencé à s’envoyer nos travaux, Alexandre et moi, c’était très différent mais en même temps de mon côté je recherchais une douceur, une forme de sensualité que n’a pas forcément l’électro.

A : Et Félicie m’a envoyé son projet Edimbourg, qui était beaucoup plus électro dark, et moi j’avais envie de ça, de salir un peu ma musique.

F : Il y a vraiment une énergie commune entre nous.

 

CUJP : Et culturellement, au-delà de la musique ?

F : Je lis beaucoup.

A : J’aime bien lire aussi.

Littérature française ou étrangère ?

F&A : Les deux.

F : On est assez différent dans nos références mais finalement on se retrouve parce qu’on trouve tous les deux quelque chose dans les livres qui nous marque.

: Après je ne sais pas dans quelle mesure ça nous influence, parce que c’est quand même très différent de ce que l’on fait, c’est peut être plus une sensibilité que l’on a.

F : Sinon au point de vue culturel, dernièrement, il y a l’expo « The Happy Show » sur le bonheur à la Gaité lyrique qui était incroyable ! Ca m’a fait écrire 50 chansons à la suite !

A : Pareil pour moi, je suis direct allé m’acheter un Moleskine pour me mettre à écrire !

 

« On voulait mélanger un peu tout ça, on voulait de la pop, de l’électro, du rythme et de l’énergie. »

 

CUJP : Quels sont vos lieux fétiches à Paris ?

F : J’adore Paris. Paris pour moi, c’est le monde des possibles. C’est tellement riche comme ville qu’il n’y a même pas besoin d’avoir de lieu fétiche : le concept même de Paris est génial.

A : Tu peux trouver des gens qui ont les mêmes envies que toi, les mêmes énergies. Par exemple, je pense que je n’aurais jamais rencontré Félicie à Hyères (sa ville d’origine, NDLR).

F : Sinon j’adore la Maroquinerie, je trouve que c’est la meilleure salle de concert de Paris. Ce serait une consécration de pouvoir y jouer un jour.

A : J’aime bien aussi tous les coins de Paris qui font un peu village, où tu as une petite vie de quartier, où tu ne sens pas trop la grande ville, comme Ménilmontant ou la Butte aux Cailles.

 

CUJP : Quels sont les artistes avec lesquels vous rêveriez de collaborer ?

: Jamie XX par exemple ! Plus sérieusement, dans le dernier morceau de l’EP, The White Semaphore, il y a une rythmique un peu rap et moi ça me plairait bien de faire une collaboration avec un rappeur.

A : Genre ASAP Rocky ?

F : Ouais voilà. J’aimerais bien qu’on rencontre un mec qui fasse des prods de rap et qu’on se lance dans un truc où on amène notre univers dans un truc de hip hop, j’adorerais ça. Pour moi c’est le prochain projet.

A : Avec Rihanna aussi.

(Rires. La discussion dévie sur la ghostwriter de Rihanna et le talent de Sia.)

 

CUJP : En lisant les interviews à votre sujet, on se rend compte que le terme de « romantique » revient assez fréquemment. Je voulais savoir ce qu’était le romantisme pour vous aujourd’hui ?

A : On aime beaucoup la nature, Jean-Jacques Rousseau…

F : Mais c’est l’influence de Rousseau en fait !

: Et Lamartine un petit peu aussi !

(Rires)

F : Nan mais l’idée de notre projet, c’est qu’on aimerait avoir une image de gens un peu badass mais qu’en vrai on est très fleur bleue, on est tous amoureux.

A : On aimerait être un peu le mec qui collectionne les filles et qui s’en fout mais non…

F : Des rock star quoi !

: Mais bon on tombe amoureux…

F : Et au lieu de mentir et de se faire passer pour ce que l’on n’est pas, on s’est dit autant être ce que l’on est, des nounours.

A : Moi j’aurais dit des tigres mais bon…

F : Des tigres gentils alors.

 

CUJP : Vous qui louez dans cet EP l’hymne au corps et à la sensualité, je me demandais quelle était pour vous la plus grande joie qu’un corps pouvait ressentir.

A : Une bonne douche le matin ?

F : Tout ce rapport au corps, c’est parce que tous nos morceaux parlent plus ou moins d’amour et de sexe, parce qu’on est de grands romantiques. Mais il y’a plein de joies que le corps peut ressentir. Moi par exemple j’adore me faire masser.

A : Tomber amoureux ?

F : Tu vois, on ne se refait pas. Le truc du corps sur scène c’est justement que tu sors de ton corps et que tu deviens un autre corps. Le moment de la scène c’est un moment où je n’ai plus de complexes, j’adore ça !

A : Alors que moi ce n’est pas trop le cas. Je pense que l’expérience de la scène est intéressante parce que j’ai été confronté aux deux situations : il y’a des concerts où j’ai été terrifié parce que j’avais peur de faire de la merde et que je sentais vraiment le poids du regard des gens, et d’autres où tu sors et t’es tout engourdi et t’as un peu du mal à atterrir… Un peu comme après avoir fait l’amour, tu te retrouves comme sur un petit nuage.

F : Tu sors tu es épuisé, tu as tout donné.

A : Et ça c’est trop bien.

 

CUJP : Et du coup vous êtes plutôt scène ou enregistrement ?

F : C’est un état d’esprit hyper différent. C’est ce qui est assez fou quand tu fais de la musique : tu passes d’un extrême à un autre. On a quand même passé six mois enfermés dans un appartement à quatre, c’est compliqué quoi !

A : Et en même temps c’est assez agréable parce que t’es vraiment à l’écoute de ce que tu as envie de faire à ce moment là.

F : Et c’est là que tu te poses les vraies questions. Et à l’inverse, six mois après tu te retrouves sur scène et là t’as juste à montrer ce que tu as fait pendant ta période de solitude. Et tu as d’un coup plein de gens autour de toi et c’est bizarre. Mais je pense qu’on a besoin de ces deux extrêmes.

A : Et en même temps ce coup de projecteur, où tu es sollicité pour des interviews ou autre, c’est aussi un peu bizarre.

F : Ce n’est pas naturel en fait.

 

CUJP : Pour finir, aujourd’hui C’est un jour pour ?

A : Ecouter un EP de musique.

F : Ecouter le dernier album de Nicolas Godin, très bizarre mais très beau, en particulier le morceau « Clara ». C’est tous les jours pour écouter ce morceau.

 

Ambrose vous donne rendez-vous le 23 octobre prochain à l’International, pour que l’on fête tous ensemble leur EP. Venez voir ces nounours jouer les badass sur scène et en prendre plein les oreilles.

EPambrose« Ambrose », disponible sur

Deezer : http://bit.ly/1j4IF76
iTunes : http://apple.co/1P8zsXw
Bandcamp : http://bit.ly/1LnpbqK
Spotify : http://spoti.fi/1YTrwO3

Page Facebook du groupe https://www.facebook.com/weareambrose?fref=ts

 La Grande Blonde

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