Pourquoi je ne regarderai pas La Nouvelle Star cette année (en cinq points)

C’est un jour pour… zapper

La Nouvelle Star a repris du service, avec un jury identique, à une exception près. À Sinclair, Élodie Frégé et à l’indéracinable André Manoukian (douze saisons à son compteur) s’est joint l’iconoclaste JoeyStarr. Choix surprenant, mais qui pourrait donner une plus-value à l’émission à une époque où la concurrence télévisuelle dans ce domaine est rude (qu’on pense, notamment, à The Voice). Mais voilà, douze saisons plus tard, La Nouvelle Star est à bout de souffle. Et s’il était temps, une bonne fois pour toutes, de tirer le rideau ?

1) Bien qu’elle se présente comme une émission de musique destinée à dénicher les talents de demain, le contenu de La Nouvelle Star l’apparente plus à un show télévisuel où s’enchaînent les pitreries. Le jury n’est pas avare de bonnes blagues dès qu’il s’agit de commenter les prestations des candidats. Pour faire de l’audience, il semblerait que la musique ne suffise pas. Le résultat est consternant : une série de gags plus ou moins drôles, une mélasse indigeste de jeux de mots, des moqueries à n’en plus finir. La nouveauté de cette année, c’est le clash qui devient plus violent encore avec JoeyStarr, qui n’hésite pas à se mettre en avant perpétuellement pour dire aux candidats que leur tête ne lui revient pas. Humour, bien sûr. Le pilier du rap français s’est métamorphosé en guignol.

2) Le jury participe volontiers à la dégringolade de l’émission. Jury d’ «experts», bien entendu, qui, chacun à sa manière, dispense la bonne parole. Élodie Frégé n’est jamais lasse des métaphores. À ses yeux, les chanteurs s’apparentent à des «plumes», douces et fragiles, qui viendraient déposer leur chant à ses pieds. André Manoukian n’est pas en reste même si, arrivé à la douzième saison, ses discours de philosophe du dimanche ne sont plus habités par la même conviction. Quant à JoeyStarr, il semble s’être fait un devoir de clasher tous les candidats. Loin de subvertir l’émission, il ne fait qu’endosser le costume tout prêt qu’on avait spécialement préparé pour lui. Reste Sinclair dont les jugements sans appel auraient peut-être mérité davantage d’arguments. De la posture à l’imposture, il n’y a qu’un pas à franchir.

3) À La Nouvelle Star, le montage est essentiel. Au paradis de l’artifice, tout doit sembler naturel. Or les coulisses de l’émission révèlent tout autre chose. Les concepteurs ne reculent devant rien pour faire pleurer les candidats. L’audience est primordiale : il faut appuyer là où ça fait mal. Sans parler des conversations entre les candidats et leurs amis qui relèvent à tout bien compter d’une vaste mascarade. Les micros sont tendus moins pour recueillir la parole des candidats que pour les forcer à dire ce que l’on veut entendre. Montage trompeur qui, pour faire de l’audimat, réassemble les propos et les images pour leur faire dire à peu près tout et n’importe quoi.

4) Tout est dans le titre : «Nouvelle Star». Le concept même de l’émission est navrant. Le star-system a pris toute la place. Il s’agit moins de faire émerger un musicien, un artiste qu’une «star». L’important est de faire le show. Le reste est secondaire. Qui, d’ailleurs, au sortir de cette émission, a réellement vu sa carrière d’artiste commencer ? (Julien Doré et Christophe Willem, à la rigueur…). La musique n’a aucune chance d’émerger au royaume du formatage.

5) Même si le jury se gargarise du terme d’ «univers artistique» et félicite les artistes de le faire ainsi «voyager» ou de savoir leur «raconter des histoires», la musique occupe paradoxalement dans cette émission bien peu de place. Le temps de passage des candidats est réduit au profit de commentaires superflus sur la longueur de la file d’attente ou le temps qu’il fait. D’où la désagréable impression que le commentateur cherche à «meubler» une émission avant tout caractérisée par sa vacuité.

La Nouvelle Star n’apportera finalement rien à l’univers de la musique. Pas même un artiste. Tout ce qui en ressortira, c’est un album, au bout d’un an – celui du gagnant – vite oublié comme ceux dont les noms sont déjà tombés aux oubliettes.

Petrus.

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