« Dolziger Str.2 », la renaissance berlinoise d’Odezenne

C’est un jour pour … (re)découvrir Dolziger Str.2, le nouvel album d’Odezenne

On l’attendait avec une impatience grandissante, ce nouvel album. OVNI tournait en boucle dans les casques, seulement entrecoupé des quelques nouveautés lâchées au compte-goutte par le groupe : Adieu, parodie d’ego-trip, ou Bûche, cadeau de Noël déjanté. Entre-temps, Odezenne a tourné dans toute la France, remplissant des dizaines et des dizaines de salles.

A les écouter, Dolziger Str.2 aurait pu ne jamais voir le jour. Le groupe, alors composé de quatre membres (Jacques et Alix, les deux MC, Mattia pour l’instrumental et Lodjeez aux platines), est usé. Quatre potes qui ne seront bientôt plus que trois : Lodjeez, bientôt papa, s’efface.

Alors Odezenne se laisse une dernière chance. Une dernière tentative avant l’implosion, un coup de poker dans un studio berlinois. Les premières semaines sont difficiles : ni Jacques ni Alix ne parviennent à écrire quoi que ce soit de satisfaisant. C’est le temps de la désillusion. Et contre toute attente, un 25 décembre 2013, Bûche arriva.

Une libération. La faille s’est ouverte, l’écriture devient plus facile. Les textes et les instrus s’enchaînent. L’EP Rien et l’album Dolziger Str.2 seront les résultats de cette renaissance berlinoise.

A Berlin, Odezenne a évolué musicalement. L’absence de Lodjeez laisse une place beaucoup plus grande aux instruments de Mattia. Adieu les samples, très présents à l’origine, bonjour guitares et orgue Bontempi. Un son plus noir et des mélodies plus complexes qui habillent à merveille des textes toujours aussi poétiques et imagés.

« On naît, on vit, on meurt, aussi vite qu’un cri, qu’un pleur, aussi bête qu’un vide, qu’une fleur » 

L’album dévoile un spleen âpre nettement plus perceptible. On voyage avec Odezenne, naviguant avec eux sur leurs thèmes de prédilection : « Cabriolet », une ballade faussée ; « Vodka », appel mélancolique à l’ivresse ; ou « Souffle le vent », une claque de liberté remarquablement produite. Des titres saveur aigre-douce, donnant à Dolziger Str.2 un côté paradoxal et dérangeant. Comme une question posée, à laquelle personne n’a de réponse.

Somme toute, un album fidèle à leur leitmotiv : faire de la « musique en français ». L’iconographie de la pochette d’album de Dolziger Str.2 résume à elle seule l’ambition affichée par le groupe. Ce rectangle dessiné à la craie bleue représente, dans le langage des cambrioleurs, une maison inoccupée. Cet album est un endroit à investir, un « Corps à prendre ». Chez Odezenne comme toujours, rien n’est définitif. Dolziger Str.2 est l’instantané d’un groupe en perpétuelle quête de lui-même, à la recherche de sa prochaine mue.

Alexandre T.

Dolziger Str.2, Odezenne

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