Baron Noir, fiction politique française qui n’a rien à envier à ses petits camarades

C’est un jour pour… regarder Baron Noir, nouvelle série de Canal +

Canal plus a diffusé hier soir les deux derniers épisodes de sa série évènement Baron Noir. Une plongée dans l’univers politique français, reprenant les codes du genre, de West Wing à House of Cards. Une réussite pour Canal plus, à la peine dans les autres domaines, qui montre que les productions françaises ont un bel avenir devant elles.

D’un côté, Philippe Rickwaert (Kad Merad), député maire de Dunkerque devenu ministre du Travail. De l’autre, Francis Laugier (Niels Arestrup), candidat du parti socialiste à l’élection présidentielle, vainqueur de l’élection. Alors que Laugier est en bonne position pour l’emporter après le débat du second tour, Rickwaert apprend qu’une perquisition va avoir lieu le lendemain dans les bureaux de l’office HLM de Dunkerque. L’objectif ? Rencardée par la droite, la police va découvrir un vaste détournement de fonds. Prêt à tout pour sauver Laugier, Rickwaert encourage un jeune militant syndicaliste à endosser l’entière responsabilité de l’affaire. Face à la pression, celui-ci se suicide et l’affaire est rapidement close. Toutefois, dans cette affaire, Rickwaert se rend compte qu’il ne peut pas compter sur le soutien de Laugier. “En politique, l’amitié est votre pire ennemi”

Les premières minutes de Baron Noir, résumées ici, sont haletantes. La série, créée par Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon et réalisée par Ziad Doueiri, est un subtil mélange de réalité politique et de dramatisation. Elle raconte la vie politique française dans toute sa complexité, sans jamais tomber dans la caricature. Ce n’est pas tout noir ou tout blanc. Baron Noir décrit une zone grise, entre ambition, vengeance et survie. La série s’articule autour de Rickwaert et Laugier : le baron noir et le président, tour à tour amis, ennemis ou alliés unis dans une quête de pouvoir presque surréaliste. Car ce n’est pas tant le pouvoir qui est ici recherché, c’est un besoin de reconnaissance parfois maladif, qui caractérise les deux personnages principaux. Un besoin de tout contrôler, comme Rickwaert, prêt à mettre en péril sa majorité dans sa propre mairie pour rappeler à son adjointe qu’il reste le seul maître à bord. Ou encore ce moment où Laugier, seul sous la pluie dans les jardins de l’Elysée, éprouve la dure solitude de tout homme de pouvoir, entouré d’une cour flatteuse qui s’évanouit à l’approche de la tempête.

Face à ces deux hommes, Amélie Dorendeu (Anna Mouglalis), conseillère du président, puis premier secrétaire du parti socialiste, incarne une autre voie. Elle est une brillante Enarque issue de la haute bourgeoisie, quand Rickwaert est un fils de prolétaires qui s’est façonné seul, uniquement armé d’une foi inébranlable de sa propre réussite. Leur relation, conflictuelle, va évoluer au fil des épisodes pour devenir plus complexe. Une attirance toxique, où ne sait plus vraiment où se trouve l’amour et où se trouve la perpétuelle quête de Rickwaert.

La série est aussi portée par une kyrielle de seconds rôles qui complète parfaitement l’univers de la série: Véronique Bosso (Astrid Whettnall), la première adjointe de Rickwaert qui veut se faire une place au soleil de la République; Salomé Rickwaert (Lubna Gourion), fille de, très proche de son père, au point de marcher dans ses pas; Cyril Balsan (Hugo Becker), normalien et assistant parlementaire de Rickwaert, tombé sous son charme au point de dédier sa vie à sa réussite, quitte à en perdre la raison (les premières secondes du dernier épisode sont magnifiques de justesse); ou Gérard Balleroy (Michel Muller), homme d’affaires dunkerquois qui comprendra très rapidement l’intérêt de s’allier à Rickwaert, quitte à prendre certains risques et jouer avec la loi.

L’intrigue est bien servie par les histoires d’Eric Benzekri, ancienne plume socialiste qui a tout plaqué pour la télévision. Un pari réussi à la vue de cette première saison de Baron Noir. Canal Plus a mis les moyens pour produire une série très immersive et assez réaliste. Une saison 2 est bien entendu à prévoir, le cliff de fin de saison ne laissant que peu de place au doute. Et on en salive déjà d’avance.

Alexandre T. 

 

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