Making a Murderer : lorsque la réalité dépasse de très loin la fiction

C’est un jour pour… découvrir la série « Making a Murderer »de Netflix

Making a Murderer est l’un des derniers coups de MAÎTRE de Netflix, qui signe par la même occasion l’avènement d’un nouveau format de série TV axé sur le documentaire. Cette série réalisée par les américaines Laura Ricciardi & Moira Demos est divisée en dix épisodes dans lesquels celles-ci font part d’un travail d’archives exceptionnel relatant la tristement célèbre affaire de Steven Avery.

Copyright Netflix
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L’histoire est digne d’un scénario hollywoodien & se déroule sur près de 30 ans dans un coin de l’Etat du Wisconsin aux Etats-Unis. En 1985, le jeune Steve Avery est accusé du viol de Penny Beerntsen, femme particulièrement respectée de la communauté. L’ADN finit par l’innocenter alors qu’il vient de passer 18 ans de sa vie derrière les barreaux. L’homme retrouve la liberté & son nom fait la une des journaux. Il accuse les autorités de l’avoir mis à l’ombre & d’avoir fait de lui le coupable idéal d’un crime qu’il avait toujours nié avoir commis. Seulement, deux ans plus tard, rebondissement, Avery se trouve au cœur d’un nouveau scandale, les ossements d’une femme disparue sont retrouvés sur sa propriété…

Making a Murderer est d’abord une authentique immersion dans le système judiciaire américain, dont la complexité & les mécanismes sont assez peu connus du public français. Les réalisatrices sont venues dépoussiérer de vieilles archives grâce auxquelles on assiste à d’intenses scènes de plaidoiries, des interrogatoires complexes & des témoignages de divers protagonistes de l’affaire. Les faits sont détaillés avec minutie, sans pour autant être rébarbatifs. Making a Murderer est aussi un véritable travail d’anthropologie. Au fil des dix épisodes, est peint un portrait de l’Amérique profonde, une Amérique sans fard, loin des clichés auxquels on est habitué. On nous présente des gens simples qui n’ont rien en commun avec les héros classiques de séries TV. L’analogie est possible avec Fargo (on retrouve le macabre, les magouilles, les grandes espaces) ou Douze hommes en colère, sauf qu’ici, tout est bel & bien réel.

Les épisodes sont très bien ficelés, et si l’aspect de la série est proche de la fiction dans la façon où elle est mise en scène – le suspens à la fin de chaque épisode nous poussant à voir le suivant – il s’agit bien d’un documentaire. Rien n’a été ajouté par les réalisatrices. Toutes les voix-off sont celles des protagonistes. Making a Murderer est un astucieux assemblage d’images d’archives.

Laura Ricciardi & Moira Demos nous font suivre le combat de la famille Avery sur plusieurs années. On en vient à s’attacher à Steven Avery, rapidement perçu comme étant la victime des perversités d’un système corrompu, d’une presse aux aboies et de nombreuses méprises. Certes, il y a clairement un parti pris de la part des réalisatrices à se concentrer presque exclusivement sur la défense de Steven Avery et son environnement (sa famille, le travail assidu de ses avocats). Mais malgré tout, le spectateur est amené à douter & à faire ses propres théories sur le cas Steven Avery – Bouc émissaire ? Théorie du complot ? Meurtrier ? C’est à vous de nous le dire.

G.

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