La sélection de livres du mois de mai

C’est un jour pour … lire.

Nouveau rendez-vous mensuel : la grande blonde puise pour vous quelques œuvres dans sa bibliothèque et vous fait partager ses coups de cœur. Voici sa sélection de livres du mois de mai.

Pour rêver d’amour…

Camille Laurens, Dans ces bras-là (P.O.L, 2000 / Folio, 2002)

dans ces bras là

Le Printemps, saison des amours… Dans ce roman, Camille Laurens écrit sur les hommes qui ont composé sa vie, son destin, à la recherche de la trace qu’ils ont laissée, chacun à leur façon, sur la femme qu’elle est devenue : père, grand-père, oncle, éditeur, premier amour, amants. Une peinture très intime et étonnamment universelle de la complexité des sentiments et des émotions qui émanent de presque rien : un geste, une parole, un sexe, un héritage. Une nouvelle preuve – s’il en fallait – que l’amour est universel malgré l’unicité des relations amoureuses, et que Camille Laurens dépeint avec justesse, réalisme et précision. Récompensé par le Prix Femina et le Prix Renaudot des lycéens en 2000, ce petit bijou est à garder et à relire à chaque petit coup de mou.

Extrait

« Le corps est la seule preuve d’amour – ou plutôt non, non, pas la seule : les hommes libres peuvent partir, et quelquefois ils restent – voilà la plus belle preuve d’amour : prendre la liberté de rester alors qu’on pourrait s’en aller ».

Pour frissonner …

Michael Punke, Le Revenant (Le Livre de Poche, 2016)

le revenant

Grande opération marketing de 2016, il fut difficile de passer à côté du film qui a donné à Léo la statuette qu’il attendait tant. Si les critiques divergent quant à la qualité du film (et ce au sein même de la rédaction de CUJP !), on a peu entendu parler de l’œuvre qui a donné naissance à la superproduction oscarisée.  A tort.

L’œuvre de Michael Punke, inspirée de faits réels, est en effet beaucoup plus subtile que le film ne laissait à paraître : les personnages – notamment les principaux, Glass et Fitzgerald – ont beaucoup plus de consistance : leur passé et la peinture de leur caractère suffisent à instaurer une tension dramatique, dépouillée d’une tragédie familiale trop lourde à l’écran. Pas de fils ou de femme à venger donc, dans le roman, c’est contre la trahison des hommes qui l’ont lâchement abandonné et volé que Glass survit pour se venger. Un sentiment bien plus complexe et plus fort qui le pousse à accomplir ces kilomètres jour après jour pour confronter ses semblables. Ce roman, construit chronologiquement comme un carnet de voyages, est un superbe roman d’aventures où l’on frissonne de froid, de peur, mais surtout de plaisir. A dévorer.

Extrait

« Allongé sur le dos, il regardait fixement l’ourse, qui s’était de nouveau dressée sur ses pattes de derrière. La terreur et la souffrance firent place à une fascination horrifiée pour la gigantesque bête. Elle poussa un dernier grondement, que Glasse perçut dans son esprit comme l’écho d’un bruit lointain. Puis il sentit sur lui un poids écrasant et une odeur de fourrure humide chassa en lui toute autre sensation. Qu’est-ce que c’est ? Son esprit chercha, s’arrêta sur l’image d’un chien jaune léchant le visage d’un jeune garçon sur la véranda de planches d’une cabane. Au-dessus de lui, le ciel ensoleillé s’assombrit et devint noir ».

Pour se laisser prendre au piège…

Sascha Arango, La vérité et autres mensonges (Albin Michel, 2015)

LA_VERITE_ET_AUTRES_MENSONGES_jaqu.qxp_jaq140x205

Henry Hayden est un célèbre écrivain de romans policiers, aimé de sa femme, Martha, de sa maitresse, Betty, et adulé par la gente féminine et les critiques. Mais voilà, il est avant tout une grande imposture et celle-ci risque d’éclater au grand jour à la suite d’un malheureux hasard qui vient tout remettre en question. Henry se trouve alors confronté à des choix, de vie ou de mort, et tentera de réécrire par ses mensonges, une vérité, la sienne.

Attention, mieux vaut prévenir, ce livre est terriblement addictif : on peut difficilement le refermer avant la fin. L’auteur nous mène par le bout du nez via Henry, ce personnage tout aussi repoussant que fascinant qui, s’il n’a jamais eu le don de l’écriture, se trouve être un maitre dans l’art de la mise en scène. Les évènements s’enchainent et nous surprennent : le lecteur est toujours dans l’attente et il se demande si les liasses de tissu de mensonges qui se superposent au fil des pages vont finir par former un ensemble bien fait ou complètement informe. Un thriller haletant dont les droits cinématographiques auraient été, paraît-il,  acquis par Brian de Palma.

Extrait

« Elle lui prit la main et l’entraina vers l’escalier qu’ils montèrent. Henry la suivait, tout joyeux. Elle savait donc déjà, et elle n’était pas fâchée. La compréhension qu’elle manifestait devant ses faiblesses, voilà une chose qu’il aimait particulièrement chez elle. Aussi, quand Henry allait trouver s’autres femmes il le faisait toujours avec discrétion et délicatesse. Il avait souvent honte, décidait fréquemment de changer de conduite. Mais chaque fois qu’il rentrait à la maison après une infidélité, il émettait l’image de la trahison, Martha lisait la radiographie de sa mauvaise conscience. La seule menace sérieuse que voyait Martha, c’était Betty, ce en quoi elle n’avait pas tout à fait tort, comme nous le savons déjà. »

La Grande Blonde

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s