Ces lesbiennes qui crèvent l’écran

 C’est un jour pour… parler d’homosexualité dans les séries

«I kissed a girl» proclame pleine de fierté et de provocation Katy Perry dans l’une de ses chansons (« I Kissed a girl », One of the Boys, 2008). Le tabou est brisé. Le lesbianisme redevient visible. Et voilà que la chanteuse s’érige en Sappho des temps modernes.

 

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La série Orphan Black (créée par Graeme Manson et John Fawcett en 2013) fait tomber amoureuse Cosima d’une femme nommée Delphine.

La liberté sexuelle n’est certes pas si nouvelle, mais voilà qu’elle s’affiche de plus en plus, qu’elle se brandit comme un étendard, qu’elle devient l’emblème d’une génération qui ne craint plus d’exposer ses préférences. Tout commence par la curiosité, le désir d’expérimenter : «It’s not what I’m used to / just wanna try you on». S’ensuit la transgression : «It’s not what good girls do / not how they should behave». Enfin, toute culpabilité s’envole : «Ain’t no big deal, it’s innocent».

Clarke et Lexa
La série The 100 (développée par Jason Rothenberg à partir du roman de Kass Morgan en 2014) présente son héroïne, Clarke, qui tombe amoureuse d’une chef guerrière appelée Lexa.

D’aucuns le déplorent, mais les relations homosexuelles sont devenues banales, fût-ce simplement le rêve d’un soir, l’échappée d’un instant. Le lesbianisme est entré dans les mœurs de la même façon qu’il avait fait irruption dans l’Antiquité, comme un acte anodin et naturel, «just human nature».

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La série Sense8 (créée par Lana et Lilly Wachowski et Joseph Michael Straczynski en 2015) met en scène une femme transexuelle, Nomi, éprise d’une femme nommée Amanita.

Les séries télévisées offrent à cet égard un bon miroir de cette évolution des mœurs. Les couples de femmes s’y multiplient. « Ils sont partout. On est envahi ! » avait twitté Christine Boutin, fondatrice du parti chrétien-démocrate (anciennement FRS) lorsqu’elle avait appris que le film d’Abdellatif Kechiche La Vie d’Adèle avait été récompensé au festival de Cannes.

Dans Orphan Black, The 100 ou Sense8, le lesbianisme n’est pas mis en question. Il se présente comme une évidence, celle d’un amour qu’on ne choisit pas, mais qui s’impose à vous. Caisses de résonances du présent, les séries télévisées, quelle que soit leur qualité, nous font prendre la mesure d’une réalité frémissante et bouillonnante, qui ne demande qu’à s’exprimer, mais sur laquelle certains préfèreraient fermer les yeux. Mais s’il faut choisir entre deux musiques, on préfèrera la pop joyeuse de Katy Perry à la litanie haineuse de Christine Boutin.

Petrus

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