Festival Palest’In & Out : ode à la création artistique palestinienne

C’est un jour pour célébrer la scène émergente palestinienne et participer au festival Palest’In & Out

La 2ème édition du Festival Palest’In & Out organisée à Paris du 7 au 13 juillet vise à promouvoir la création contemporaine palestinienne sous toutes ses formes d’expressions artistiques : musique alternative, danse contemporaine, arts plastiques, photographie, arts vidéo, cinéma, poésie, etc. Chaque jour du festival, C’est Un jour pour vous fera découvrir un artiste de la programmation.

Pour nous parler de cette manifestation inédite, l’équipe DE C’est Un Jour Pour a rencontré les organisatrices du Festival. Et c’est un peu comme avoir rendez-vous avec trois superwomen. Amina (Hamshari), Marion (Slitine) et Charlotte (Schwarzinger) ont réussi le pari incroyable d’organiser un festival réunissant 40 artistes palestiniens durant sept jours, dans sept lieux parisiens. Pour les connaisseurs de la région, c’est du quasi impossible. Et pourtant…  

(SCROLL DOWN FOR ENGLISH VERSION)

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De gauche à droite : Amina, Charlotte & Marion – Crédits Photos : Dylan Renaudet

CUJP- Bonjour à toutes ! Vous en êtes à votre seconde édition du festival Palest’In & Out, pouvez-vous nous faire un rapide historique de cet événement ?

Amina : Le festival est organisé par l’Institut Culturel Franco-Palestinien (ICFP) qui a été créé en 2012, ayant pour objectif de promouvoir en France la culture palestinienne et ses artistes, qu’ils résident en Palestine ou ailleurs dans le monde. Pour ce faire, il  organise des événements et soutient des initiatives afin de créer du lien entre artistes palestiniens et artistes et public européens.

Le festival propose une programmation globale sélectionnée par nos soins avec des artistes confirmés, ainsi qu’un Prix pour la jeune création dans chaque discipline artistique. Pour candidater à ce Prix Palest’In & Out, une seule contrainte : être un jeune artiste palestinien de moins de 35 ans, quel que soit son lieu de résidence à travers le monde. Dans chaque discipline, un lauréat est sélectionné par un jury international, composé d’artistes de renom (Ernest Pignon Ernest, Didier Deschamps, Hany Abu Assaad, Antoine d’Agata, Hiam Abbass, Kamilya Jubran, Samir Joubran, Valérie Jouve, etc.) et d’experts ou responsables de structures culturelles.

Découvrez les 5 lauréats :

Charlotte : Notre jury s’est beaucoup impliqué dans sa mission de sélection, il a vraiment joué le jeu. Il a tenu à recevoir toutes les candidatures et n’a pas voulu de pré-sélection. L’équipe programmatrice n’a pas du tout participé à la sélection des lauréats !

CUJP : Que remportent les lauréats de ce prix?

Amina Les lauréats de cette année ont accès à une résidence artistique de trois mois à la Cité internationale des Arts de Paris. Ils pourront y rencontrer des artistes et professionnels de la culture. Ils empochent également un chèque de 1000€, ainsi qu’un trophée unique réalisé par Ali Cherri, brillant plasticien libanais, lors de la soirée d’ouverture le 7 juillet à 19h. Il est également important de savoir que tous nos artistes participants sont rémunérés : logement, billets, indemnités, etc.

CUJP- Vous avez des coups de cœur parmi ces jeunes artistes ?

Amina – On est obligées d’avoir que des coups de cœur pour travailler bénévolement et s’investir à ce point (rires) ! Sur la programmation, en dehors du prix Palest’In&Out, on a choisi des artistes talentueux qu’on aime particulièrement. L’organisation de ce festival représente un gros investissement et puis pour que ça marche faut qu’on soit convaincues ! Chacune d’entre nous se retrouve donc dans la programmation.

CUJP : Dans quel but avez-vous créé ce Festival ?

Amina : L’objectif central du festival est la promotion des jeunes artistes contemporains palestiniens. Le festival n’est pas une fin en soi, mais un tremplin pour la jeune création.

Marion : Oui, ce festival est conçu comme une plateforme pour créer des synergies nouvelles : entre différentes générations d’artistes, entre différents horizons géographiques, entre différents univers artistiques. C’est aussi un moyen de secouer les stéréotypes sur l’art palestinien, de s’éloigner du folklore ou de l’art traditionnel connu de tous en révélant une nouvelle image de la Palestine et de sa scène artistique.

CUJP : Quelles sont les grosses différences comparées à l’édition précédente ?

Amina : Le festival a pris beaucoup d’ampleur. Tout d’abord en termes de participants à la programmation : 40 artistes palestiniens, c’est vraiment inédit ! Nous avons essayé de diversifier notre programmation en représentant une majorité de catégories artistiques.

Charlotte : Nous nous sommes également diversifiés dans nos lieux de programmation. On tenait à ouvrir le festival à un public plus profane, pas nécessairement en prise avec Palestine. C’est pourquoi nous avons cette année des lieux grand public, ayant déjà leur propre audience, tels que le New Morning, le Petit Bain, la Gaîté Lyrique ou la Maison de la Poésie (en plus de l’Institut du Monde Arabe, l’Institut des Cultures d’Islam ou la Cité internationale des Arts de Paris). On a reçu un accueil très bienveillant de la part de ces espaces.

Marion : Le fait aussi que les artistes lauréats bénéficient d’une résidence artistique de trois mois à l’issue du festival est un aspect nouveau cette année et qui nous tient particulièrement à cœur. Il ne s’agit pas seulement d’un « one shot » événementiel, mais d’un réel accompagnement artistique. L’autre aspect important est la mise en relation des parcours « in » et « out » du festival. Cette année, nous proposons pour la première fois des rencontres professionnelles qui visent à mettre en relation les lauréats avec des acteurs de la vie culturelle (artistes reconnus, institutions publiques, producteurs, etc.) afin de constituer ou consolider leur réseau professionnel et inscrire ainsi dans la durée leur développement. Souvent, ces artistes ne peuvent se rencontrer dans leur propre pays, donc le festival permet de recréer les connexions, de contourner la fragmentation territoriale sur le terrain. Le festival fait référence aux artistes palestiniens et aux autres de la diaspora et de tous ceux qui sont séparés de leur terre d’origine.

Amina : Enfin, cette année, Palest’In & Out est devenu un festival itinérant: après Paris du 7 au 13 juillet, nous embarquons pour la Roche sur Yon, puis en Palestine à Jérusalem, Ramallah, Gaza, Naplouse, Jéricho et Haifa du 24 au 30 octobre 2016.

CUJP – Et si vous nous présentiez votre équipe ?  Comment vous organisez vous ?

Amina : L’équipe du festival, en tout cas le noyau dur, est 100% féminine ! (rires)… Nous acceptons quand même quelques garçons ! Nous sommes 5 filles : nous (Amina, Charlotte, Marion) et deux autres filles Lina et Layla ainsi qu’une vingtaine de bénévoles.

Marion : C’est un festival aussi féministe (rires) ! Nous faisons un vrai travail d’équipe, tout le monde touche à tout et est au courant de tout (rires) !

CUJP – Quels sont les gros temps forts du Festival ?

Amina : L’ouverture du festival c’est le 7 juillet  à l’IMA en deux temps : d’abord le concert des deux lauréats en musique, puis la remise des prix aux lauréats par les membres du jury.

Marion : le 8 juillet, La Gaité Lyrique accueille une soirée exceptionnelle, réunissant des artistes venant de France et de Palestine, pour débattre des enjeux des arts visuels et de l’engagement à l’époque contemporaine. Des rencontres atypiques avec des créateurs avant-gardistes : le plasticien Taysir Batniji et la vidéaste Larissa Sansour, puis la photographe Valérie Jouve et les réalisateurs Arab et Tarzan Nasser. Une occasion immanquable de découvrir une image décalée, innovante et originale, de l’art et de la Palestine.

Charlotte – le 9 juillet on mixe expo et musique. D’une part s’inaugure le vernissage de l’exposition des lauréats en arts visuels (arts plastiques, photo) dans la galerie « Jeune Création » accompagné d’un DJ set de Turnbalism. Mention spéciale à Deneth Piumakshi, artiste invitée Sri Lankaise qui fera une performance de broderie main, inspiré de sa résidence artistique à Jérusalem.

D’autre part, c’est inédit en France, le New Morning accueillera à 20h30 le concert exceptionnel du palestinien Tamer Abu-Ghazaleh avec en première partie Terez Sliman et son groupe palestino-portugais Mina.

Amina – Petite pause le 10 et le 11 juillet et c’est reparti ! Cette fois la danse et la poésie sont à l’honneur avec des interludes poétiques de Palestine à la Maison de la Poésie : Traduction de poésie, avec le poète et philosophe Philippe Tancelin et l’actrice Garance Clavel pour la lecture en Français, accompagnés de Mohammed Najem, clarinettiste. Le tout est accompagné d’une performance de danse contemporaine réalisée par Farah Saleh et Salma Ataya, les deux lauréates en danse du festival.

Dans la soirée du 12 juillet, à partir de 19h, à l’Institut des cultures d’islam, le court-métrage des lauréats cinéma Mahmoud Abu Ghalwa et Amer Nasser sera projeté puis le festival revient sur la carrière d’Hiam Abbass, actrice, cinéaste et scénariste palestinienne installée à Paris qui nous racontera sur scène son expérience personnelle et professionnelle en tant qu’artiste.

Charlotte – Dernière soirée le 13 : la grosse marrade ! (rires) 

Amina – Ca veut dire quoi marrade ?

Charlotte – Bah qu’on se marre ! Trois lives, puis DJ set jusqu’à 6h du matin au Petit Bain. Une grosse programmation internationale est prévue, pas seulement palestinienne : Bachar Mar Khalifé fils de Marcel Khalifé ; 47 Soul ; Fawda. Puis Skywalker, premiere Djette électro palestinienne, l’électro tunisienne d’ArabstazyJazar crew (collectif d’artistes et de DJs palestiniens de Haifa à l’origine des festivals palestiniens de musique transe psychédélique et des premières raves techno palestiniennes dans les hauteurs de la Galilée, à Jérusalem) ; le jordanien Shadi Khries contributeur d’Acid Arab…
Réservations ici

Marion – Et tous les événements sont gratuits, à l’exception de certains concerts (15€ pour le concert au New Morning, 13€ pour la soirée de clôture et 5€ pour la Maison de la poésie)

Retrouvez l’intégralité de la programmation ici

CUJP – Quelles difficultés avez-vous rencontré dans l’organisation du festival ?

Amina – Beaucoup de difficultés administratives dues à la mobilité des artistes.

Marion – Il faut savoir que l’on a besoin de cinq « visas » pour sortir de Gaza : un permis de transit jordanien, un permis de sortie israélien, un autre de l’autorité Palestinienne, un du Hamas, et un visa de l’étranger pour Gaza. Pour les deux lauréats gazaouis en court métrage : c’est le parcours du combattant ! Là on attend toujours le permis de transit exigé par les autorités jordaniennes (« la-mumana`a »), avant de pouvoir demander le permis israélien. Et pour l’instant, ce sont les Jordaniens qui bloquent la sortie des Gazaouis !

Amina : On a consulté Consulat général de France à Jérusalem ; qui nous a tout de suite épaulé. Cela a facilité les choses pour les obtentions de visas. On a également reçu des soutiens institutionnels importants : le Ministère de la culture français et palestinien, Consulats généraux du Caire, Londres, Beyrouth, Jordanie, l’Institut français de Paris et de Jérusalem, la Cité des Arts, etc.

CUJP : Y-avait-il des membres du jury ou de la programmation israéliens ?

Amina – Ca rejoint une autre question. Certaines manifestations imposent un partenaire israélien, ce n’est pas notre cas. On part du principe que le festival vise à mettre en lumière le travail artistique palestinien sur la base de critères artistiques et non politiques. Ce sont donc les artistes qui sont libres de leur choix artistiques et qui travaillent avec ceux qu’ils souhaitent ! C’est ce qui fait aussi la crédibilité de ce  festival-tremplin.

CUJP- Que prévoyez-vous pour l’édition 2017 ?

Amina – 2018 ! (Rires) On est rattrapées par le temps, on a toutes d’autres activités professionnelles et une vie familiale à côté ! Je crois que c’est la première fois que 40 artistes palestiniens sont réunis.

Marion – C’est sûr et certain. C’est historique, ça ne s’est jamais fait avant. On réfléchit également à  ouvrir à d’autres formes d’art pour la prochaine édition, comme l’architecture ou le street-art.

Amina – Oui, on aimerait ouvrir à encore d’autres catégories, mais il faut que ce soit compétitif par rapport à la scène artistique parisienne. On veut que du qualitatif, avec un réel argument artistique. Le design, la mode, ce sera sans doute pour plus tard.

CUJP – Et enfin, notre question fétiche : aujourd’hui, c’est un jour pour … ?

Amina – Mettre en avant création contemporaine palestinienne, faire avancer les jeunes artistes dans leurs démarches artistiques ; Présenter un autre visage de la Palestine.  D’autre part, les artistes sont souvent mal considérés en Palestine alors qu’ils jouent un rôle fondamental dans le renforcement de la démocratie dans un contexte de colonisation, de société fragmentée. Les associations culturelles palestiniennes avec lesquelles on travaille sont fondamentales. Le festival ce n’est pas fin en soi, c’est un tremplin. Plus il y a de professionnels, le mieux c’est. C’est fait pour rebondir !

Marion : Donc c’est un jour pour rebondir en fait ! (rires)

Evénement Facebook 

Propos recueillis par Assia Hebbache, Dylan Renaudet et Marie Nonell
Traduction Alice V et Inès Colot

———————————ENGLISH VERSION ———————————

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It’s a day to celebrate the Palestinian emerging scene and to take part in the Palest’In & Out #2 festival.

The 2nd edition of Palest’In & Out, which will take place in Paris from the 7th to the 13th of July, intends to promote every kind of artistic expression within Palestinian contemporary creation: alternative music, contemporary dance, plastic arts, photography, video, film, poetry, etc.

To tell us more about this unique event, C’est un jour pour met the organizing team. And it is kind of like having a date with three wonder women. Amina, Marion and Charlotte successfully met the incredible challenge of organising a festival that brings together 40 Palestinian artists for seven days, in seven places in Paris. For those of you who know the region, it’s near impossible. And yet …

CUJP: Hello everyone! It’s your second Palest’In & Out festival, could you please tell us the story behind this event?

Amina: The Institut Culturel Franco-Palestinien (ICFP), that was created in 2012, leads the organisation of the festival which aims to promote here, in France, Palestinian culture and artists living in Palestine or around the world. To do so, the institute organises events and supports initiatives in order to create links between Palestinian artists and European artists and public.

Palest’In & Out proposes an all-encompassing program that includes confirmed artists we selected, as well as a prize for young creation in each art discipline. There is only one constraint in order to be eligible for the price: that is to be a young Palestinian artist, under 35 years old, regardless of where he/she lives. In each discipline, a laureate is selected by an international jury, composed of renowned artists (Ernest Pignon Ernest, Didier Deschamps, Hany Abu Assaad, Antoine d’Agata, Hiam Abbass, Kamilya Jubran, Samir Joubran, Valérie Jouve, etc.) as well as experts or heads of cultural institutions/organisations.

5 laureates:

Charlotte: Our jury was very involved in its mission of selecting laureates, they really played the game! They received all the applications without any pre-selection. The organizing team did not at all participate in the selection of the laureates.

CUJP: What do the laureates win?

Amina : This year’s laureates win access to an artist residency for three months, located in the Cité Internationale des Arts in Paris. There, they will be able to meet artists and professionals of the culture realm. They also win 1000 euros as well as a unique trophy made by Ali Cherri, a brilliant Lebanese artist, that will be handed to them at the opening ceremony, on the 7th of July at 7pm. It’s also important to know that we cover the expenses of all the artists who take part in the festival, including their accommodation, plane tickets, allowances, etc.

CUJP: Did you have a love-at-first-sight moment among the young artists?

Amina : We have to have love-at-first-sights in order to work for free and be this much involved (laughs)! For the selection of artists, aside of the laureates of Palest’In & Out, we chose talented artists we particularly like. The organization of this festival represents a big investment and if we want it to work out, we have to be convinced! There is a bit of each one of us in the selection.

CUJP: Why did you create this festival?

Amina: The festival’s main goal is to promote young Palestinian contemporary artists. The festival is not an end in itself but a springboard for young creation.

Marion: Yes, this festival was conceived as a platform to create new synergies: between different generations of artists, different geographical horizons, different artistic worlds. It’s also a way to shake off stereotypes on Palestinian art, to move away from the folklore or the political art known by everyone, and reveal a new image of Palestine and its artistic scene.

CUJP: What are the main differences compared to the last edition?

Amina: The festival has grown significantly. First in terms of participants in the selection: 40 Palestinian artists, it’s truly unique. We tried to diversify our programme by representing a majority of artistic categories.

Charlotte: We also diversified our choice of locations. We wanted to open up this festival to a lay audience that doesn’t necessarily know of Palestine. That is why this year we have large public venues, with their own audiences, such as Le New Morning, Le Petit Bain, La Gaîté Lyrique or La Maison de la Poésie (on top of the Institut du Monde Arabe, the Institut des Cultures d’Islam or the Cité internationale des Arts de Paris). All of them have been very welcoming and engaged.

Marion: Also, the fact that our laureates gain access to an art residency for three months at the end of this festival is something new, that we really wanted. It’s not only about a “one shot” type of event, but also about a real artistic support to these artists. The other important aspect is the connection of the « in » and « out » paths of the festival. This year, we’ve offered for the first time professional meetings which aim at introducing and linking up laureates with actors of the culture realm (renowned artists, public institutions, producers, etc.). This is in order to build or to consolidate their professional network, and thereby sustain their development. Often, these artists cannot meet in their own country. As such, the festival enables the reestablishment of links by circumventing the territorial fragmentation on the field. The festival refers to Palestinian artists and to others, to artists of the « in » – from the original Palestine – and of the « out » – from the diaspora and all those who have been separated from their homeland.

Amina: Finally, this year, Palest’In & Out has become an itinerant festival: after Paris, from the 7th to the 13th of July, we’ll head to La Roche-sur-Yon, and then to Palestine in Jerusalem, Ramallah, Nablus, Gaza, Naplouse and Haifa, from the 24th to the 30th of October 2016.

CUJP: And what about your team? Who are you and who does what?

Amina: The team is – at least the core one – 100% feminine! (laughs)… But we do accept a few men. We are five women: us three (Amina, Charlotte, Marion) and two others, Lina and Layla, as well as about twenty volunteers.

Marion: It’s also a feminist festival (laughs)! We provide a real team work, we all work on a bit of everything and know of everything that is going on! (laughs)

CUJP – What are the main highlights of the Festival?

Amina: The Festival’s opening ceremony will take place on July the 7th, at the Institut du Monde Arabe, and will unfold in two phases: first there will be a concert by the two music laureates; next, the laureates will receive their prizes from the jury.

Marion: On the 8th of July, the Gaité Lyrique will be hosting an amazing evening, that will include artists from France and Palestine debating on issues pertaining to visual arts and to commitment in the modern era. Atypical encounters with avant-gardist creators: between plastic artist Taysir Batnijo and video-maker Larissa Sansour, then between photographer Valérie Jouve and the film-makers Arab and Tarzan Nasser. A unique opportunity to discover a shifted image, both innovative and original, of art and of Palestine.

Charlotte: It’s exhibition and music on the 9th of July. The opening ceremony for the visual arts laureates (plastic arts, photography) will be taking place in the gallery Jeune Creation (Young Creation), with a DJ set by Turnbalism. And a special mention for Deneth Piumakshi, a Sri Lankan guest artist who will carry out a performance in hand embroidery that is inspired by her art residency in Jerusalem.

Meanwhile, and this is unprecedented in France, an amazing concert will take place from 8.30 pm in the New Morning by Palestinian artist Tamer Abu-Ghazaleh, starting with the supporting act of Terez Sliman and her Palestinian-Portuguese group Mina. This evening will be these artists’ premiere show in France.

Amina: There will be a small break on the 10th and 11th of July, and then the festival’s back on with dance and poetry in the spotlight. Poetic interludes from Palestine will take place at the Maison de la Poésie: these include translated readings of poetry, with the poet and philosopher Philippe Tancelin and the actress Garance Clavel for the reading in French, accompanied by the clarinettist Mohamed Najem. And beforehand, Farah Saleh and Salma Ataya, the two dance laureates of the festival, will perform a contemporary dance show.

On the evening of the 12th of July (from 7 pm), at the Institut des Cultures d’Islam, will be screened the short film by film laureates Mahmoud Abu Ghalwa and Amer Nasser. Following the screening, the festival zooms in Hiam Abbas’ career. This Palestinian actress, film maker, and screen maker who lives in Paris will share her personal and professional experience as an artist.

Charlotte: The last evening is on the 13th : “la grosse marade” (“the big fun”) (laughs).

Amina: What does “marrade” mean?

Charlotte: That we have a laugh! Three live concerts followed by DJ sets until 6 in the morning at the Petit Bain. A big international line-up to be expected, and not only Palestinian: Bachar Mar Khalifé, son of Marcel Khalifé; 47 Soul; Fawda; Skywalker, Palestine’s first female DJ; Arabstazy’s Tunisian electronic music; Jazar crew (a collective of Palestinian artists and DJs, from Haifa, and the main instigators of Palestine’s psychedelic trance music festivals and first techno raves in the Galilean heights, in Safaa Khatib, in Jerusalem); Jordanian artist Shadi Khries, who is a contributor to Acid Arab…

Marion: And all the events are free, except for a few shows (15€ for the gig at the New Morning, 13€ for the closing night, and 5€ for the Maison de la poésie).

Click here for the full programme

CUJP – Which issues did you encounter when organising this festival?

Amina: Lots of administrative issues related to the artists’ mobility.

Marion: One has to be aware that it requires 5 “visas” to get out of Gaza: a Jordanian visa, an Israeli visa, a Palestinian Authority visa, a Hamas visa, and a foreign visa. It’s an uphill battle tor the two film laureates from Gaza! We’re still waiting for the transit permit required by the Jordanian authorities (the “mumana’a”) before asking for the Israeli permit. And for the moment, it is the Jordanians who are the main obstacle to the Gaza artists leaving.

Amina: We consulted the French Consulate in Jerusalem, which immediately expressed its support. This helped for the visa acquisitions. We also got some important institutional support from the French and Palestinian Ministries of Culture, from the French Consulates in Cairo, London, Beirut, Jordan, from the Institut Français of Paris and Jerusalem, the Cité des Arts, etc.

CUJP – Were there Israeli members in the Jury?

Amina: This links up to another question. Some events impose an Israeli partnership, but we don’t. The festival aims to bring Palestinian artwork under the spotlight based on artistic and non-political criteria. The artists are fee to make their own decisions and to work with whomever they want. It is also what confers credibility to this “festival-tremplin” (“stepping stone-like festival”).

CUJP – What have you planned for the 2017 edition?

Amina: 2018! (Laughs) We are caught up by time, we all have a work life and a family life on the side. At this pace, we cannot do this every year! I think it’s the first time 40 Palestinian artists are gathered for one same event.

Marion: That’s for sure. It’s never been done before, it’s an historic moment. We were also thinking about opening up to other forms of art, like architecture or street art, for the next edition.

Amina: Yes, we would like to open up to other categories but the art work has to be able to compete with the Parisian artistic scene. We only want quality, 100% art. Design and fashion will probably be for later on.

CUJP – And last but not least, our favourite question: Today’s a day for…?

Amina: …For bringing forward contemporary Palestinian creation, for helping young artists in their artistic endeavours; for presenting another face of Palestine. Besides, although they play a fundamental role in reinforcing democracy in a colonial context and in a fragmented society, artists are often not very highly regarded in Palestine. The Palestinian cultural organisations we work with are essential. This festival is not an ends in itself, but a stepping stone. The more professionals there are, the better. It’s designed for artists to bounce off.

Marion: So it’s actually a day to bounce off! (laughs)

Facebook Event

Interview by Assia Hebbache, Dylan Renaudet and Marie Nonell.
Translation by Alice V and Inès Colot

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