Netflix s’infiltre dans le Bronx à la naissance du Hip-Hop avec « The Get Down »

C’est un jour pour… découvrir les 6 premiers episodes de The Get Down

La désormais bien connue plateforme de vidéo à la demande Netflix a sorti le 12 août dernier sa nouvelle création originale. Et pas des moindres. The Get Down est la série la plus coûteuse du leader du streaming avec 120 millions de dollars dépensés pour un défilé d’acteurs, de costumes, de décors naturels et de bandes sons à couper le souffle. Cette production inédite nous raconte l’émergence du Hip-Hop dans le Bronx dans les années 70, au moment où le Disco régnait encore en maître sur les dance-floors new-yorkais.
que penser de cette série qui fait beaucoup (trop) parler d’elle ?
Décryptage…

© Netflix
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Un pilote décousu 

A l’origine de cette création inédite, on retrouve le réalisateur controversé Baz Luhrmann (Moulin Rouge, Roméo+Juliette, Gatsby le magnifique)  et le dramaturge et producteur Stephen Adly Guirgis.  Le duo nous livre un épisode pilote pour le moins surchargé, qui fait office de préambule à la série en plantant le décor et le contexte. On y découvre les différents personnages qui vont animer l’intrigue de cette saison, mais aussi l’importance de l’univers Disco durant l’été 77. Le défaut de ce loooong épisode est bien son caractère décousu, désordonné et parfois cacophonique. On y retrouve la patte de Baz Luhrmann et son goût pour les jeux d’acteurs exagérés, les imageries quasi fantastiques, les avalanches de couleurs et la musique à outrance. Les amateurs du réalisateur y trouveront probablement leur compte, mais cet épisode peut rebuter les néophytes et parfois donner la nausée. Cependant, l’univers psychédélique, presque surréaliste qui se dégage de ce premier épisode ; ainsi que le mystère planant sur le courant Hip-Hop, a attisé ma curiosité.

A noter : B. Luhrmann n’a pas réalisé le reste des épisodes

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© Netflix

 Le destin d’un poète devenu MC

The Get Down relate le destin d’un adolescent orphelin Ezekiel ou Zeke, maniant les mots avec génie. Devenu aujourd’hui une star du Hip-Hop, le rappeur revient sur son passé de jeune noir portoricain dans le Bronx et nous raconte sa rencontre avec Shaolin Fantastic (disciple du Grandmaster Flash en personne) ; son amour pour la belle Mylene ; son amitié pour les 3 frères Kipling. Dès les premières minutes de la série, on surprend le futur MC gratter des rimes sur son carnet et époustoufler son professeur de littérature par ses poèmes. Cependant, trop timide, Zeke n’a pas encore conscience de son talent. Cette saison nous montre le chemin qu’il parcoure afin d’atteindre sa maturité artistique. Celle-ci naît lorsque le jeune homme découvre le DJing aux côtés de Shaolin Fantastic, fan de kung-fu et graffeur. Il est l’élève du célèbre DJ Grandmaster Flash (qui a lui même aidé à la réalisation de la série ndlr) pionnier du « Get Down » qui deviendra plus tard le Hip-Hop.

« La plus grande qualité de cette série est sa vocation à rendre hommage à la richesse de la culture Hip-Hop »

Cette série propose une version très romanesque de l’émergence du Hip-Hop où les combats de rue sont remplacés par des rixes qui se tiennent à grands coups de mix, de mots et de danse, en occultant parfois la dure réalité de la vie dans le Bronx. On y retrouve les grands noms du DJing de l’époque comme Grandmaster Flash, Afrika Bambaataa et Kool Herc, des noms que l’on a peu l’habitude de croiser dans les productions actuelles.

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Entre Disco et Hip Hop : une bande-originale à couper le souffle

En nous montrant les seventies divisées entre le règne du Disco et la culture Hip-Hop, The Get Down propose une bande originale à couper le souffle, à mi chemin entre les deux univers. Au lieu d’opposer les deux courants, la série les unie à la perfection, nous proposant une ode à la musique noire des années 70. On retrouve des créations originales, mais également des sons d’époque et des images d’archives qui confèrent à cette réalisation une certaine authenticité. Tous les titres de la BO sont à retrouver ici.

© Netflix
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Aux prémisces de la culture Hip Hop

La plus grande qualité de cette série est à mon sens sa vocation à rendre hommage à la richesse de la culture Hip-Hop. On y constate que tous les arts de la rue sont inextricablement liés : le rap, le djing, la danse, le graff, etc. Les artistes de ce courant répondent tous au même code de la rue : la clandestinité et l’art de la représentation de soi, qu’elle soit musicale, graphique ou dansée. C’est une image du Hip-Hop que l’on n’a plus vraiment l’habitude de voir et qui témoigne pourtant de la richesse de ce courant. Voilà la grande force de cette série. L’un des épisodes rend même hommage à la communauté homosexuelle de l’époque en traitant du Voguing, que l’on peut considérer comme un cousin éloigné du Hip-Hop.

Ainsi, cette série originale Netflix a le mérite de proposer quelque chose de nouveau, avec un style et un univers bien à elle et en traitant de sujets encore peu abordés dans les séries musicales actuelles. Après le Vynil de Martin Scorcese qui rend hommage au rock, c’est au tour du Hip-Hop d’être mis sur le devant de la scène. Cependant, certains ressorts dramatiques et lourdeurs dans le scénario témoignent de la fragilité de cette réalisation, qui, on l’espère s’étoffera dans les nouveaux épisodes en 2017. Les amateurs de Hip-Hop apprécieront de se retrouver sur les traces de leurs pionniers, mais rappelons toutefois que le maître incontesté de la mise en scène du Bronx demeure Spike Lee.

The Get Down
A retrouver sur Netflix

 

Marie N.

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