Coups de cœur culturels et gastronomiques de 2017

C’est un jour pour… dévoiler nos coups de cœur de 2017

A

h cette année 2017 ! Elle nous a joué bien des tours… 2016 déjà n’avait pas été très chouette, avec le départ de grands noms comme Prince, David Bowie ou Michel Delpech, auxquels nous rendions hommage ici. 2017, elle, s’est finie dans la douleur avec les disparitions remarquée des grands Johnny Hallyday, Jean d’Ormesson et notre chère France Gall. Malgré tout, comme la vie est bien faite, cette année nous a également ravis de découvertes culturelles et d’émerveillements gustatifs, visuels, olfactifs… On vous a donc concocté un petit best of de nos découvertes de l’année.

FOOD

S’il y a un mot pour résumer la tendance culinaire de l’année 2017 c’est la Street Food ! Si vous ne l’avez pas encore testée, voici quelques pépites qui vous promettent une première expérience mémorable. Pour les aficionados du genre, vous ne serez pas déçus !

SAIGON SANDWICH : 8 Rue de la Présentation, 75011 Paris

Le Banh Mi, sandwich traditionnel Vietnamien, s’est fait depuis quelques années déjà, une place de choix auprès des streetfoodistas parisiens (comme on les appelle dans le jargon). Les adresses où l’on modernise cette simple baguette agrémentée de viande assaisonnée, de carottes râpées, concombre et d’herbes fraîches, dont la plus célèbre est la coriandre, fleurissent en nombre. Mais c’est une minuscule échoppe du quartier de Belleville que nous vous conseillons. On y propose à un tarif imbattable de succulents Banh Mi aux recettes classiques qui raviront vos papilles. Un voyage au Vietnam à chaque bouchée, parfait !

URFA DURUM : 58 Rue du Faubourg Saint-Denis, 75010 Paris

Qui aurait pensé qu’une foule s’attrouperait chaque midi devant ce bouiboui de poche de la rue du Faubourg Saint-Denis. Pourtant le succès des sandwichs kurdes d’Urfa Durum est indéniable. On y débite à un rythme effréné des dürüms: galettes cuites au feu de bois accompagnées de brochettes grillées et de crudités, bases de la préparation. Croyez-nous, vous ne regretterez pas d’avoir attendu ces « kebabs » légers aux saveurs d’orient. Faites-vous plaisir et complétez votre commande par un verre d’ayran (boisson à base de yaourt frais et d’eau salée).

PONTOCHOUX : 18 Rue du Pont aux Choux, 75003 Paris

On oublie souvent que le curry est une spécialité japonaise. Il fait partie intégrante de la tradition culinaire du pays du soleil levant, Sur un pied d’égalité avec les sushis, ramens ou autres udons. Cependant peu d’adresses proposent ce met savoureux aussi merveilleusement bien préparé que par les mains expertes de l’équipe du minuscule Pontochoux. Sans conteste le meilleur curry de nos nombreuses escapades culinaires. Une panure croustillante, une viande fondante et une sauce parfaitement épicée ont fait notre bonheur. Attention l’endroit ne peut accueillir plus de 10 personnes à la fois mais propose une formule à emporter ou en livraison à domicile.

LE DAILY SYRIEN : 55 rue du Faubourg Saint Denis, 75010 Paris 

C’est au cœur du quartier de la street-food parisienne que l’on trouve encore ce délice d’échoppe syrienne. Ce quartier où se mêlent start-ups et grandes institutions, dont les équipes affamées cherchent chaque midi à se sustenter de plats savoureux à moindre frais, regorge de choix. C’est ici que l’on dévore ce sandwich aux milles saveurs. Au Daily Syrien vous dégusterez des shawarma tels qu’on en fait nulle part ailleurs. Merveilleusement régressifs, ces sandwichs chauds que l’on déguste sur le pouce sauront parfaitement contenter vos estomacs. Mais vous y trouverez également les fameux falafels, si bons qu’ils en feraient presque pâlir d’envie les restaurateurs à succès de la rue des Rosiers. A tester les yeux fermés !

CINÉMA

L’année 2017 a été très éclectique en matière cinématographique. Biopics, thrillers, comédies musicales sont autant de genres qui ont habité les salles obscures. Focus sur quelques-uns de nos coups de cœur, à voir ou à revoir.

BARBARA

Matthieu, Jeanne et les spectateurs habitent Barbara. A l’opposé du biopic, cet ovni cinématographique recompose le portrait de la célèbre chanteuse par superposition et jeux de miroirs. Objet du désir de l’actrice et du réalisateur, la chanteuse (accessoires, gestes et poses inclus) devient la forme vers laquelle le film tend. Chacun y voit ce qu’il imagine, connait, aime ou aimerait du personnage. L’identité de Barbara, les faits de sa vie sont secondaires. Ou du moins, ils sont assez plastiques pour vibrer au rythme des autres. L’émotion, l’amour, la curiosité qu’elle suscite viennent d’abord. En la cherchant hors du réel, Jeanne Balibar et Matthieu Amalric nous emportent dans un élan fantasmatique pour la retrouver; recréer à l’écran ses humeurs vagabondes, le grain de sa voix dans celui de l’image.

GRAVE

Dans la famille films fous, demandez Grave. Cocktail explosif, Julia Ducournau y mêle à merveille teen et horror movie. C’est tellement gore qu’on voudrait rire nerveux. C’est si bien ficelé qu’on se retient. La première scène achève. La réalisatrice cultive déjà l’anthologie en anthropophagie. On flirte avec Cronenberg, la peau frémit. Entre les décors lessivés d’un campus vétérinaire et les giclées de sang: corps lascifs, coups de langues, morsures, regards de braise, bastons d’ado. Le béton tape dure, quelque chose de vénéneux, sauvage, hard pousse entre les fissures. Grave démange, dérange, explore avec force inventivité et esthétisme la lisière de nos pulsions. On attend chaque scène avec réticence sans pour autant fermer les yeux. A la fin, on y retournerait presque mais on ne sait pas trop, quand même, c’était chaud.

FAUTE D’AMOUR

Un petit garçon marche seul dans Moscou gelée. Où sont ses parents ? Ailleurs, nulle part. Perdus entre leurs ambitions sociales dérisoires, leurs selfies intempestifs, leurs coïts stéréotypés. Un petit garçon a disparu. Qui viendra l’aider ? Personne. Pas le temps. Pas les moyens. Pas la foi. Pas l’amour. C’est à Moscou mais ce pourrait être ici. C’est notre monde et c’est nous. Andreï Zviaguintsev nous emporte dans un tourbillon de tristesse magnifique. La rigueur du cadre et l’antipathie des personnages n’enlèvent rien à la poésie de l’abandon. Pères et mères hurlent, baisent, achètent, errent. Leurs corps n’ont pas d’âmes. Lorsqu’ils pleurent enfin ce n’est pas devant la mort mais devant ce vide. La mort fait sens, c’est encore quelque chose qui arrive, un événement. Le vide, ce n’est rien.

DETROIT

Voir la réalité en face, ça peut faire mal. Detroit n’est pas obscène, n’est pas ultra-violent, n’est pas historiquement faux. Il tape juste. Kathryn Bigelow le dit dès le début, certains faits sont «manquants», «dissimulés». Il faut retrouver le chemin. Peu importe la vérité, la réalité suffit. Cette réalité nous la connaissons tous. Acceptons nous pour autant de la regarde en face ? Close-up sur le tableau des rapports humains. Caméra serrée, la réalisatrice épingle avec une touche chirurgicale quasi documentaire, le malentendu, la honte, la lâcheté, la peur. Nous savons qu’il n’y a pas d’arme dans cette pièce étriquée, et pourtant nous restons assis dans nos fauteuils, complices silencieux du drame. Certains se cachent derrière leurs doigts, le malaise, l’obscénité du film. La bêtise est un crime. Si ça ne suffit pas de le lire dans les pages des philosophes, on peut toujours le voir dans les images de Detroit.

LA LA LAND 

Copyright SND

Pour la comédie musicale grandiose dans les règles de l’art, il faudra repasser. La preuve : une chorégraphie/bande son light à côté d’un mythique West Side Story. Peu importe, elle est déjà culte. Ce n’est pas pour le respect des codes et des genres qu’on apprécie les films de Damien Chazelle. On retient La La Land pour la virtuosité de son montage, de sa photo, de ses acteurs, de sa musique. Pour la maîtrise et le talent dissimulés derrière un bazar joyeux où Gosling et Stone ont tellement l’air de s’éclater dans leurs rôles qu’on finit nous aussi par se prêter au jeu. On aime la passion et la sincérité que Chazelle met dans ses films, son âme d’enfant, son plaisir contagieux, ses décalages qui chassent le blues ambiant. « For the ones who dream/Foolish as they may seem… »

SÉRIES

ATLANTA

© Matthias Clamer/FX

On était déjà fans de Childish Gambino et de son album venu d’une autre planète, mais quand il revêt ses casquettes de scénariste & acteur et reprend le nom de Donald Glover, on adore. Son petit bijou Altanta, sorti fin 2016, est une parenthèse à la fois lyrique, humoristique et réaliste qui a mis un grand coup de fraîcheur dans paysage des séries de 2017. La série retrace la vie de deux cousins passionnés de Hip Hop et leur tentative de percer dans le Rap Game. Leur histoire et leurs péripéties loufoques ont su conquérir le public, en témoignent les deux Golden Globes remportés dès le mois de janvier 2017,

MASTER OF NONE

© Netflix

C’est notre pépite de 2017. Master Of None, c’est le destin de Dev, un trentenaire un peu paumé en matière de relations amoureuses, familiales et professionnelles. Avec des dialogues de haut vol, dignes des meilleurs Woody Allen, Aziz Anzari (acteur et réalisateur) nous donne un regard singulier sur la société new-yorkaise, et plus largement sur notre société. Chaque épisode questionne les comportements humains, mais aussi creuse et décortique des thématiques actuelles comme le dating, l’homosexualité, la religion, la famille, etc. Le personnage de Dev fait figure de Jiminy Cricket posé sur notre épaule, nous faisant réfléchir à nos modes de vie modernes.

 

THÉÂTRE

LES VIBRANTS, Studio des Champs-Elysées

Pourquoi un best 2017 ?

  • Une pièce poignante et touchante au sujet particulièrement dur maisabordé avec justesse et poésie.
  • Une prouesse d’acteurs assurant plusieurs rôles aux registres variés.
  • Un rôle principal transcendé par un jeu d’acteur magistral : en dépit d’un masque couvrant la quasi-totalité de son visage, tout est dit et transmis avec les yeux. Une interprétation magistrale !
  • Une œuvre bluffante qui mérite le détour et vous laisse bouche bée

INTRA MUROS, La Pépinière Théâtre

Pourquoi un best 2017 ?

  • Pour ceux qui connaissent et apprécient le travail et la patte d’Alexis Michalik, vous ne serez pas déçus, tout y est !
  • Proximité, intimité, rebondissements et intrigue bien ficelée, menée jusqu’au bout
  • Des acteurs superbes et attachants, le tout relevé par une mise en scène dynamique et astucieuse
  • Une sensibilité dans l’écriture et les jeux des acteurs qui font oublier l’univers carcéral environnant. Ne vous laissez pas impressionner par le sujet qui laisse place à beaucoup de tendresse.

LA DOUBLE INCONSTANCE, La Comédie Française 

Pourquoi un best 2017 ?

  • Le plaisir de trouver du marivaudage à la Comédie Française
  • Des acteurs toujours aussi convaincants, à l’aise aussi bien dans la tragédie comme dans des registres plus légers
  • Tout ce qui fait la saveur d’un bon Marivaux : légèreté, humour, galanterie et badinage
  • Un bon moment pour se décontracter et rire en toute décomplexion

LES DAMNES, La Comédie Française 

Pourquoi un best 2017 ?

  • Âme sensible s’abstenir ! Les Damnés c’est un coup, c’est violent, c’est fort !
  • Une pièce dérangeante aussi bien par son texte que sa mise en scène.
  • Une mise en perspective de notre réalité et des violences actuelles au regard des erreurs et de l’horreur passée.
  • Qu’on aime ou non, difficile de rester insensible.

LES COQUETTES, Le Grand Point Virgule

Pourquoi un best 2017 ?

  • Parce qu’elles savent tout faire ! Danser, chanter, jouer la comédie et même draguer les beaux mecs du public !
  • Parce que ça fait du bien de se marrer. Des chansons aux paroles très crues et chantées avec des sourires angéliques, c’est à se tordre de rire.
  • Parce que c’est bon de voir un trio féminin sur scène. Chacune son registre, sa personnalité et son impertinence.

Article Co écrit par Les Canards, Manon A, et Marie N. 

 

 

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