Ponts du mois de mai : les expositions pour jours fériés

La grande saison des ponts de mai est lancée – et avec elle la saison des « mais qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui? » et des « Y’a quoi de sympa à voir ? ». On a pensé à vous, voici un petit condensé d’expositions en tout genre pour animer vos jours de flemme à paris.

Le modèle noir, Musée d’Orsay

Le Musée d’Orsay propose depuis près d’un mois une exposition retraçant la représentation des hommes et femmes noirs dans les arts, de l’abolition de l’esclavage (1794) à nos jours. On y découvre l’évolution de l’imaginaire visuel autour de ces modèles, dont la représentation a été croissante au fil des siècles. Les commissaires d’exposition ont choisi d’afficher les titres originaux des œuvres – faisant souvent uniquement mention de la couleur de peau du modèle – et d’y ajouter l’identité des sujets. Un travail de recherche historique concernant les modèles a ainsi été mené pour retrouver les traces de ces anonymes. De salle en salle, on assiste à des siècles de représentation picturale de l’esclavage, de la violence, du rejet, qui deviennent progressivement des représentations engagées, politiques ou dénonciatrices. Un parcours extrêmement intéressant dévoilant, via des œuvres d’artistes mythiques comme Théodore Géricault, Edouard Manet, Paul Cézanne ou Henri Matisse, comment le monde de l’art n’a pas échappé et n’échappe pas aux préoccupations raciales, politiques et sociales.

Le modèle noir, Musée d’Orsay
Du 26 mars au 21 juillet
Fermé le 1er mai, mais ouvert tous les autres jours fériés du printemps et de l’été

Electro, Philharmonie de Paris

De Kraftwerk à Daft Punk. Le mouvement de la musique électronique n’est pas si vieux, Née il y a une trentaine d’années à Détroit et Chicago, l’Electro est devenue un incontournable de nos playlists et soirées. L’engouement autour de cette musique, sortie tout droit d’ordinateurs et de machines obscurs pour le tout-venant, fut et continue d’être immense. C’est pourquoi la Philharmonie de Paris a décidé de lui consacrer une exposition entière.
Dès le début de l’exposition, on nous remet un casque filaire voué à être pluggé sur quasiment toutes les pièces de l’exposition (D’ailleurs, la Philharmonie, pourquoi ne pas tester des casques bluetooth en cas de forte affluence? ndlr.). On vit un parcours visuel et auditif complètement hypnotisant, notamment via des œuvres scénographiques de 1024 Architecture à couper le souffle. Ambiance calfeutrée et typographies fluo nous rappelleraient presque les fameuses raves party electro. La Bande Originale signée Laurent Garnier est un régal pour les oreilles. Vidéos documentaires, studio de musique recomposé, tables de mixages, témoignages d’artistes, vinyles, sont autant de preuves tangibles de la réalité de la culture electro, de son évolution et de sa démocratisation ces 30 dernières années. Son influence s’est même répandue en dehors du domaine musical, dans le cinéma, la photographie, le graphisme ou l’art contemporain, ce que l’on découvre via des pièces et installations singulières. Le parcours de l’exposition est pédagogique tout en étant inspirant et nous donne à voir des dimensions de l’Electro que d’aucuns peuvent ignorer, comme son rôle de contre-culture politique .

Electro, Philharmonie de Paris
Du 9 avril au 11 août
Fermé le 1er mai, mais ouvert tous les autres jours fériés du printemps et de l’été

Preuves d’amour par Camille Gharbi, Gare de L’Est

Dans le cadre du Festival Circulation(s), consacré à la Jeune Photographie Européenne, (dont nous avons déjà parlé) l’artiste Camille Gharbi expose sur les grilles de la Gare de l’Est une série de photographies poignantes. En France, une femme meurt tous les trois jours tuée par son conjoint. Ce phénomène tragique touche des couples de tous les âges et de tous les milieux sociaux. L’exposition « Preuves d’Amour » est consacrée au thème de la violence domestique. En photographiant des objets du quotidien sur un fond uni et froid, Camille Gharbi nous met sous les yeux de façon claire et glaçante les armes de crime ayant servi à des homicides conjugaux entre 2016 et 2017. Cette série nous donne à voir de façon concrète comment un objet, somme toute banal, peut devenir le pire cauchemar d’une femme. Inscrite sur les grilles de la Gare de l’Est, la liste des femmes tuées sous les coups de leurs maris, leur âge et leur profession nous glace le sang et nous rappelle les monuments érigés à la gloire de nos victimes de guerre.

©Camille Gharbi, Preuves d’amour

Camille Gharbi, Preuves d’amour, Gare de l’Est
Visible tous les jours, même le 1er mai

Festival Circulation(s), Centquatre
Du 20 avril au 30 juin
Fermé le 1er mai, mais ouvert tous les autres jours fériés du printemps et de l’été

Marie Nonell

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